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Les analyses des cotations de la Banque de France font ressortir un point d’attention au sujet des PME et ETI / Leurs capacités de remboursement se sont quelque peu dégradées l'année dernière

En dépit d’une activité ayant ralenti l’an passé, les PME et ETI ont fait preuve de résilience quant à leur situation financière. L’impact de l’année 2024 n’a aussi pas été nul sur l’évolution de leurs capacités de remboursement, évaluées par la cotation de la Banque de France : elles se sont légèrement dégradées selon le rapport 2025 de l’Observatoire du financement des entreprises, avec des difficultés plus prononcées dans certains secteurs.
(Photo by Henrique Campos / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Henrique Campos / Hans Lucas via AFP)

La situation financière des PME et ETI françaises s’est révélée contrastée en 2024. D’un côté, leur résilience s’est traduite par des taux de marge ayant continué de résister, des taux d’endettement orientés à la baisse ou bien des trésoreries toujours solides. De l’autre, en revanche, l’année passée a aussi été marquée par un ralentissement de leur activité et des coûts de financement encore en hausse.

Selon le rapport annuel de 2025 de l’Observatoire du financement des entreprises (OFE), dont les travaux ont été menés entre janvier et septembre, un autre point d’attention serait à surveiller dans les temps à venir : celui de leur capacité de remboursement, mesurée par la cotation de la Banque de France, qui s’est légèrement dégradée l’année dernière.

La cotation de la Banque de France évalue, pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est désormais supérieur à 1,25 million d’euros, leur capacité à honorer leurs engagements financiers dans un horizon d’une à trois années. En agrégeant les données quantitatives d’analyse financière, ainsi que les éléments qualitatifs recueillis auprès des dirigeants, elle permet ainsi de mesurer l’impact de l’année 2024 sur l’évolution de leurs capacités de remboursement. Il est ressorti de cette analyse que la part des meilleures cotes Banque de France a diminué pour la seconde année consécutive. À fin 2024, 62 % des ETI cotées Banque de France avaient une des meilleures cotes, soit une baisse de cinq points par rapport à fin 2023. Du côté des PME, leur proportion est retombée de 4 points, pour atterrir à 59 %. Les microentreprises sont quant à elles restées plus stables, en passant de 65 % à 63 %.

 

Des secteurs en situation plus critique

 

"Plus globalement, la part des meilleures cotes a baissé comparativement à la période pré-Covid-19 pour toutes les tailles d’entreprises, notamment pour les ETI", précise le rapport de l’OFE. Toutes tailles confondues et en prenant l’année 2019 en référence, la situation s’est améliorée dans le commerce, l’énergie et l’hébergement-restauration. À l’inverse, la situation est plus critique dans l’industrie manufacturière et l’immobilier. Elle est aussi encore plus détériorée dans le transport et la construction.

"La part des PME (hors microentreprises) et des ETI fragiles, en situation les plus critiques avant d’atteindre l’état de cessation de paiement, a augmenté en 2024 pour la quatrième année consécutive, pour atteindre 7 % environ", prévient de plus le rapport. "Dans le contexte plus incertain de 2025, certaines entreprises particulièrement fragiles pourraient connaître des difficultés accrues", indique aussi l’OFE.

À noter, toutefois, qu’en dépit de ces signaux d’attention, les entreprises françaises n’auront pas eu de mal à se financer auprès des banques l’an passé : les crédits bancaires accordés à ces dernières ont globalement augmenté de 2 % en 2024, comme en 2023. "Cette croissance a été tirée, comme l’année précédente, par le dynamisme des crédits à l’investissement (+ 3,5 % sur l’ensemble de l’année, après + 4,5 % en 2023), porteurs de promesses sur la capacité de production et la compétitivité des entreprises françaises, qui compense un recul des encours de crédits de trésorerie, toutefois moindre qu’en 2023 (– 2,9 %, après – 6,3 % en 2023)", signale l’OFE. Le taux de croissance de crédit des banques tricolores aux entreprises est par ailleurs resté supérieur à la moyenne de la zone euro.

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