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Amundi muscle sa stratégie à l’horizon 2028 / Le groupe élargit ses relais de croissance alors que se profile l’échéance UniCredit
Le plan stratégique 2025-2028 d’Amundi n’a pas officiellement été élaboré pour répondre au seul enjeu que constitue l’échéance du partenariat UniCredit en 2027. Le fait est qu’il y répond très bien, en renforçant les relais de croissance et en diversifiant plus largement les sources de collecte. "Nous allons continuer à ouvrir la voie en saisissant les opportunités liées aux évolutions démographiques et aux tendances structurelles de l’épargne et de l’investissement", a souligné Valérie Baudson, la directrice générale, donnant d’emblée le ton d’un plan conçu pour élargir les moteurs de croissance du groupe. La feuille de route présentée mardi s’inscrit comme une trajectoire de développement, d’innovation et d’efficacité, tout en permettant au groupe d’aborder plus sereinement le possible retrait d’un distributeur qui représente près de 5 % de ses encours.
Le plan met d’abord l’accent sur la croissance organique. Amundi y consacrera 800 millions d’euros sur trois ans, pour soutenir la technologie, la retraite, la gestion passive, les actifs privés et l’élargissement de la distribution. L’objectif de collecte est ambitieux, avec plus de 300 milliards d’euros attendus d’ici 2028, dont plus de 100 milliards sur l’épargne retraite et 150 milliards en Asie.
Accélération internationale et montée en puissance technologique
Autre axe essentiel : la diversification géographique. L’Asie demeure un moteur structurant, soutenu par les performances des joint-ventures locales et par l’introduction en Bourse de SBI FM prévue début 2026. En Europe, Amundi entend renforcer ses positions au Royaume-Uni, en Allemagne, au Benelux et dans les pays nordiques, tout en accompagnant la digitalisation accélérée de la gestion de patrimoine. Cette expansion vise à la fois à stimuler la croissance et à réduire les dépendances commerciales, un point de vigilance accru dans le contexte UniCredit.
La technologie s’impose également comme un pilier central. Le groupe veut doubler les revenus d’Amundi Technology d’ici 2028, généraliser l’usage de sa plateforme d’intelligence artificielle et déployer cinquante applications à grande échelle. L’objectif d’un coefficient d’exploitation inférieur à 56 % traduit une volonté d’améliorer l’efficacité sans freiner les investissements.
À ces ambitions opérationnelles s’ajoutent des cibles financières resserrées : un bénéfice par action supérieur à 7 euros en 2028, un taux de distribution d’au moins 65 % et une collecte cumulée de 300 milliards d’euros sur la durée du plan. UBS insiste sur le fait que ces objectifs sont explicitement conçus pour rester valides dans tous les scénarios liés à UniCredit, un caractère "UCG-agnostique" que la banque suisse considère comme un signal de robustesse.
Un partenariat structurant pour accélérer dans le non coté
Amundi a également profité de la présentation de son plan pour annoncer un partenariat stratégique majeur avec ICG. Le groupe a déjà acquis 4,6 % du capital du gestionnaire britannique et prévoit de monter à 9,9 % sous réserve des autorisations nécessaires. L’accord, conclu pour dix ans, offre au groupe l’exclusivité mondiale de la distribution des solutions evergreen d’ICG auprès de la clientèle patrimoniale et des banques privées et prévoit le lancement de nouveaux fonds conjoints dès 2026.
"Amundi assurera, en exclusivité pour la clientèle patrimoniale et de banques privées, la distribution de solutions evergreen et de certains produits développés par ICG", souligne pour sa part Oddo BHF, pour qui l’accord verrouille un segment clé du non coté. L’analyste met également en avant "le développement de nouveaux produits conjoints destinés aux investisseurs patrimoniaux", un élément structurant de la montée en puissance des private assets, l’opération permettant à Amundi de se renforcer dans une classe d’actifs à forte marge.
Une discipline financière calibrée pour la durée du plan
Cette stratégie s’accompagne d’une gestion rigoureuse du capital. Amundi confirme un taux de distribution d’au moins 65 % et prévoit un programme de rachat d’actions d’au moins 300 millions d’euros en 2026, une fois l’investissement dans ICG finalisé. Pour Oddo BHF, ces éléments indiquent que "le groupe serait capable de légèrement accroître son BPA d’ici 2028 même en cas de perte du partenariat", soutenu par une croissance organique estimée autour de 5 % par an hors effet marchés.
Comme le résume UBS, l’enjeu sera de vérifier "dans quelle mesure les ambitions de collecte pourront compenser les vents contraires potentiels" et soutenir le groupe sur l’ensemble de la période du plan.
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