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« Renouveau 2030 » devra marquer un vrai tournant opérationnel pour Casino / Une ambition liée à la réussite du nouveau chantier financier
"Les premiers signes de redressement sont tangibles". En présentant lundi le plan "Renouveau 2030", Philippe Palazzi a naturellement inscrit le groupe dans la trajectoire du plan "Renouveau 2028", lancé après la grande restructuration financière du début 2024. Pensé comme son prolongement, "Renouveau 2030" en reprend l’architecture tout en élargissant son horizon. Une extension dont le groupe avait esquissé les grandes lignes fin octobre, lors de la publication du chiffre d’affaires neuf mois, où les signes de reprise restaient cependant encore très mesurés, au point que l’optimisme du directeur général de Casino pourrait passer pour de l’autosuggestion ; ce lundi, la direction en a dévoilé l’ensemble des paramètres.
L’ambition désormais affichée est d’élargir et d’intensifier ce mouvement. "Nous avons fait les bons choix stratégiques, commerciaux et opérationnels, et ils commencent à porter leurs fruits", rappelle le directeur général. Pas question, souligne-t-il, de revoir les échéances : "Nous ne repoussons pas l’échéance pour atteindre nos objectifs deux ans plus tard, nous confirmons bien ceux fixés à 2028". Le groupe ajoute simplement une nouvelle marche pour 2030, avec un volume d’affaires attendu à 15,8 milliards d’euros, un EBITDA ajusté après loyers payés de 644 millions et un cash-flow libre avant frais financiers supérieur à 250 millions.
Modernisation accélérée et formats revisités
Le plan trouve sa traduction concrète au niveau des enseignes, chacune recevant une feuille de route précise pour moderniser ses formats et renforcer son attractivité. Monoprix, pépite du groupe, est la première concernée. Faute de moyens, l’enseigne n’avait pas encore pu engager de rénovation d’ampleur ; Casino prévoit désormais de combler ce retard. "100 % du parc sera rénové d’ici 2030", détaille Philippe Palazzi, qui annonce aussi le lancement d’un nouvel univers de marque dès 2026 et l’extension des concepts La Cantine et La Beauté.
Chez Franprix, l’ambition est de déployer plus largement le concept Oxygène, un format recentré sur les produits frais, la restauration à emporter et une meilleure lisibilité en magasin, pour atteindre 800 points de vente et ouvrir 200 magasins supplémentaires d’ici 2030. "Nous allons monter à 75 % du parc, sachant que 25 % ont déjà été modernisés ces dernières années", précise le directeur général, qui entend faire de la restauration à emporter et des services du quotidien des piliers du développement.
Naturalia poursuivra pour sa part l’extension du concept La Ferme, déployé dans 150 magasins d’ici 2030, tout en ouvrant 20 nouvelles unités. Le périmètre proximité n’est pas en reste. "Une partie de la stratégie, c’est mettre la bonne marque au bon endroit", insiste Philippe Palazzi. Casino se recentrera sur les zones urbaines, Vival sur les territoires ruraux et Spar sur les zones touristiques. Le groupe prévoit au total plus de 210 ouvertures supplémentaires d’ici 2030 et mise fortement sur la restauration à emporter via Cœur de blé, qui sera déployé en corners ou en format autonome dans près de 70 magasins, avant d’être étendu à plus de 500 points de vente via son assortiment dédié. Cdiscount, enfin, poursuivra son repositionnement avec une montée en gamme de l’offre et l’objectif d’augmenter de 15 % sa base de clients BtoC.
Un volet financier crucial pour soutenir l’exécution du plan
L’ambition commerciale du plan repose toutefois sur un préalable que chacun connaissait : malgré la restructuration menée début 2024, qui avait assaini la structure financière, le levier du groupe demeurait trop élevé pour stabiliser durablement la trajectoire. Les annonces du jour entérinent ce constat. " Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est anticiper une échéance de dette connue et fixée de longue date à mars 2027", expose Philippe Palazzi. Celle du Term Loan B, qui porte encore sur 1,4 milliard d’euros. Le groupe fixe dans ce contexte les objectifs financiers qu’il souhaite faire valider dans le futur accord : un levier de 1,7 fois en 2029, un TLB ramené à 800 millions et un coût moyen de la dette plus faible que les 9 % actuels, un niveau qui avait déjà suscité des interrogations lors de la restructuration de 2024.
"L’ensemble constitue nos besoins et nos demandes", explique Philippe Palazzi. Et l’actionnaire de contrôle "s’est engagé sur nos besoins", soit 300 millions d’euros de fonds propres à lever sous la forme d’une augmentation de capital que France Retail Holdings – l’entité détenue par l’homme d’affaires tchèque Daniel Křetínský – s’est dite prête à garantir.
La séquence qui s’ouvre s’annonce technique et incertaine. Philippe Palazzi précise que "les discussions avec les principales parties prenantes sur les termes de l’adaptation et donc du renforcement de la structure financière vont se dérouler au cours des prochains mois dans la perspective de la conclusion d’un accord dit lock-up". Pour mener ces discussions, le groupe sera assisté des commissaires à l’exécution des plans de sauvegarde accélérée, ainsi que des mandataires à l’exécution des accords de conciliation pour les aspects liés aux financements opérationnels. L’ensemble devra ensuite être soumis au vote des différentes classes de créanciers, avant une validation par le tribunal de commerce de Paris. Le groupe entend mener ces opérations à bien d’ici la fin du second trimestre 2026. "Il s’agit de se donner les moyens de notre réussite", résume le directeur général.
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