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Défaillances d’entreprises : derrière leur stabilisation, des signaux plus troubles / Une accélération française sur du plus long terme qui tranche avec l'Union européenne

La hausse du nombre de défaillances d’entreprises françaises s’est stabilisée à la fin du mois d’octobre, mais leur niveau reste toutefois bien supérieur à celui qui prévalait avant la crise sanitaire. Et depuis 2021, le rythme tricolore contraste avec celui de ses voisins européens.
(Photo by Constant Forme-Becherat / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Constant Forme-Becherat / Hans Lucas via AFP)

Après un mois de septembre sinistre sur le plan des défaillances d’entreprises, il semblerait qu’elles signent leur retour à davantage de stabilité. Selon les chiffres de la Banque de France, 6 364 défaillances ont été enregistrées au mois d’octobre, soit un niveau légèrement inférieur à celui du mois de septembre (6 897). L’analyse des chiffres en rythme annuel (cumul sur douze mois) permet aussi d’observer que la progression des défaillances poursuit son mouvement de décélération progressive : + 4,4 % en octobre, contre + 6,1 % en septembre.

 

Selon le point de comparaison

 

Sur un an, la progression est particulièrement marquée du côté des moyennes entreprises (+ 13,6 %) et chez les très petites entreprises (+ 12,1 %), tandis qu’un recul est à noter chez les ETI et grandes entreprises (- 17,5 % sur un an). En volume, les secteurs les plus touchés sont ceux de la construction, du commerce de réparation automobile et de l’hébergement et restauration.

D’autres tendances retiennent toutefois aussi l’attention. En cumul sur les douze derniers mois, 68 145 défaillances d’entreprises ont été à signaler. Le chiffre reste donc, de loin, bien supérieur à la moyenne d’environ 59 300 qui prévalait sur la période 2010-2019 (donc avant la crise sanitaire, afin de retrancher les effets des aides de l’État d’alors, ayant fait chuter les défaillances), selon Asterès. "Bien que le PIB du troisième trimestre 2025 ait affiché une croissance positive de 0,5 %, portée par un retour de l’investissement des entreprises (+ 0,9 % par rapport au deuxième trimestre de 2025), la santé du tissu industriel français demeure extrêmement fragile. Les données de la Banque de France pour octobre confirment cette fragilité structurelle", regrette Lucile Bembaron, économiste au sein du cabinet, dans une note publiée à ce sujet.

D’autant, ajoute-t-elle, que si la remontée des défaillances depuis la crise du Covid-19 est une tendance observée dans l’ensemble de l’Union européenne, elle reste bien plus marquée en France. L’Hexagone enregistre en effet une hausse cumulée des défaillances de 150 % depuis septembre 2021, ce qui contraste nettement avec la moyenne des États membres, s’affichant de son côté à 85 %.

 

De mauvais augure

 

Plusieurs prévisionnistes l’affirment d’ailleurs : l’année 2025 devrait marquer un nouveau record français sur le sujet. "Alors que le tissu économique subit une pression croissante et que la réindustrialisation et l’emploi sont des sujets cruciaux, l’espace politique semble toujours bouché par les débats budgétaires immédiats, empêchant une discussion de fond et des actions concrètes sur ces enjeux stratégiques", regrette ainsi la note d’Asterès. À noter, néanmoins, que des avancées législatives pourraient bientôt se concrétiser afin de contrer certaines des causes de ces défaillances. Dans ce contexte, le sénateur Olivier Rietmann (LR), président de la délégation aux entreprises de la chambre haute, a par exemple récemment déposé une proposition de loi pour lutter contre les retards de paiement : ils augmentent en effet de 25 % le risque de défaillance. Un chiffre qui monte même à 42 % lorsque les retards excèdent 60 jours.

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