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emeis s’apprête à demander une sortie anticipée de son plan de sauvegarde accélérée / Un nouveau financement de 3,15 milliards d’euros qui aide
Après trois années de tourmente financière, emeis voit enfin le bout du tunnel. Fort d’avoir largement dépassé son objectif de cessions avec près de 2,4 milliards d’euros de volume de cessions réalisées ou sécurisées depuis mi-2022, c’est plein de confiance que le gestionnaire d’Ehpad et de cliniques boucle l’année 2025. Le groupe, dirigé par Laurent Guillot, entrevoit la fin de son long calvaire financier. Il vient de finaliser avec ses partenaires bancaires et des investisseurs la levée de nouveaux financements pour un total de 3,15 milliards d’euros, permettant d’augmenter la maturité moyenne de la dette de 2,5 années, à près de 5 ans.
Un remboursement de dettes résiduelles avec une année d’avance
Dans le détail, ces financements ont été obtenus avec une maturité moyenne de 5,5 années et une marge moyenne sur l’Euribor de 247 points de base. Le nouvel échéancier prévoit une première tranche de 2,2 milliards d’euros de prêt à terme avec une maturité de 6 années (incluant un amortissement de 50 millions d’euros en décembre 2028, de 100 millions d’euros un an plus tard, ainsi qu’en juin 2030 et de 950 millions d’euros en décembre 2030). La seconde est un emprunt obligataire coté de 400 millions d’euros, placé auprès d’investisseurs financiers avec une maturité de 6 années. Enfin, un prêt de 550 millions, dont 350 millions tirés dès à présent (avec une maturité à fin juin 2030) et 200 millions d’euros de crédit revolving mobilisables à compter de janvier 2027 (avec une maturité à fin décembre 2029).
Des financements qui permettent dès aujourd’hui à emeis de rembourser - avec une année d’avance - ses dettes résiduelles provenant des prêts octroyés historiquement dans le cadre du protocole de conciliation de 2022 et du plan de sauvegarde accélérée de 2023. Celles-ci s’élevaient à environ 2,9 milliards d’euros à fin octobre 2025.
Le Tribunal de Nanterre bientôt saisi d’une requête de sortie de crise
Et au gestionnaire d’Ehpad et de cliniques d’être surtout en situation de demander prochainement au Tribunal des affaires économiques de Nanterre une sortie anticipée de ce plan de sauvegarde. "Cet accord, obtenu avec le plein soutien de notre conseil d’administration, permet au groupe de poursuivre sereinement sa transformation au service des résidents, des patients et des bénéficiaires et d’accélérer le redressement de la performance opérationnelle. C’est un symbole fort du chemin parcouru par l’ensemble des équipes au bénéfice des plus fragiles ", s’est félicité Laurent Guillot. Pour mémoire, la trésorerie du groupe est repassée dans le vert - pour la première fois depuis au moins une dizaine d’années - au premier semestre dernier, avec un free cash-flow en progression de 204 millions d’euros en un an, à 26 millions d’euros.
Des conditions strictes à respecter avant la distribution d’un futur dividende
À noter également que la finalisation de l’accord permet également de lever la principale condition suspensive portant sur la finalisation du projet de foncière du groupe destiné à réduire son endettement de l’ordre de 700 millions d’euros.
Pour obtenir cet accord, emeis s’était engagé, en novembre dernier, à respecter un covenant de ratio de levier de dette nette sur Ebitda de 12 fois à fin 2026, 9,5 fois à fin 2027, 8 fois à fin décembre 2028 et de 6,5 fois à compter de fin 2029, et à ne pas réaliser d’investissements au-delà de montants de l’ordre de 375 millions d’euros par an en moyenne, le montant des seuls investissements de développement ne pouvant excéder 130 millions d’euros par an. Au 30 juin dernier, la dette nette du groupe, avant cessions annoncées ces dernières semaines, s’élevait à 4,5 milliards d’euros, le ratio de dette nette sur Ebitda était quant à lui tombé à 13 fois après finalisation des cessions sécurisées… Il était de 23,1 fois en juin 2024.
Si bien que l’entreprise ne s’interdit plus de procéder à l’avenir à une distribution de dividendes. Un retour à l’actionnaire qui ne devrait néanmoins pas intervenir tout de suite. Il faudra d’abord que le ratio de levier du groupe soit inférieur à 7,5 fois, et dans la limite de 40 % du résultat net consolidé de l’exercice concerné.
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