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OPmobility / Félicie Burelle

OPmobility dépasse les attentes et installe Félicie Burelle / La discipline opérationnelle soutient les marges

La confirmation de Félicie Burelle à la tête d’OPmobility intervient au terme d’un exercice 2025 supérieur aux attentes, marqué par une nette amélioration de la rentabilité. Dans un marché automobile encore heurté, l’équipementier met en avant sa discipline opérationnelle tout en affichant une prudence assumée pour 2026, avec en ligne de mire un renforcement stratégique dans l’éclairage.

25/02/2026 - 12:00
Félicie Burelle (au centre), la directrice générale d'OPmobility, lors de la présentation des résultats 2025 de l'équipementier, le 25 février 2026. DR
Félicie Burelle (au centre), la directrice générale d'OPmobility, lors de la présentation des résultats 2025 de l'équipementier, le 25 février 2026. DR

Du provisoire au définitif. Nommée directrice générale par intérim après la démission surprise de Laurent Favre, avec pour mission de piloter la recherche d’un successeur attendu courant 2026, Félicie Burelle ne cherchera finalement pas de remplaçant. Le conseil d’administration a tranché à l’unanimité : la petite-fille de Pierre Burelle, fondateur de Plastic Omnium en 1946, devenu OPmobility en 2024, est confirmée à la tête de l’équipementier automobile pour la durée de son prochain mandat d’administratrice de trois ans, soumis au vote de l’assemblée générale du 23 avril 2026. C’est donc dans des fonctions désormais pérennisées qu’elle présentait mercredi les résultats de l’exercice 2025.

Le groupe signe un exercice globalement supérieur aux attentes. Le chiffre d’affaires économique recule de 0,9 % en données publiées à 11,5 milliards d’euros, mais progresse de 1,7 % à périmètre et changes constants, la parité euro-dollar ayant amputé les revenus d’environ 300 millions d’euros sur l’année. Dans un contexte d’activité globalement peu dynamique, la progression de la rentabilité apparaît d’autant plus notable. La marge opérationnelle atteint 490 millions d’euros, en hausse de 11,4 % par rapport à 2024, portant le taux à 4,8 % du chiffre d’affaires consolidé contre 4,2 % un an plus tôt. L’EBITDA franchit pour sa part le seuil du milliard d’euros, à 1 001 millions, tandis que le cash-flow libre bondit de 20,7 % à 297 millions d’euros.

La seconde partie de l’année s’est révélée particulièrement solide. Les performances semestrielles sont ressorties « nettement au-dessus des attentes, avec un dépassement de 9 % sur l’EBIT » et un free cash flow « supérieur de 44 % à 132 millions d’euros, porté par une rentabilité plus élevée et une discipline continue sur les capex », notent les analystes d’Oddo BHF.

À la Bourse de Paris, l’action OPmobility gagnait 4,6 % à 17,69 euros mercredi, le marché saluant à la fois la publication et la clarification de la gouvernance. « Toutes les activités historiques ont sensiblement amélioré leur marge opérationnelle grâce à une exécution robuste et à des initiatives incrémentales de réduction des coûts », poursuit le courtier.

 

Une amélioration des marges largement diffusée

 

Le pôle Powertrain, qui regroupe notamment les réservoirs à carburant et systèmes de dépollution, en fournit l’illustration la plus nette : sa marge passe de 4,2 % à 5,5 %, tandis que le résultat opérationnel du pôle progresse de 30 %, porté par la solidité des réservoirs dans un marché où la demande pour les motorisations thermiques et hybrides demeure soutenue. Les Modules, l’activité d’assemblage de grands sous-ensembles automobiles, s’inscrivent dans la même dynamique, avec une marge portée à 2,7 %, en amélioration de 50 points de base, grâce notamment aux volumes en Europe et en Corée du Sud.

Seul Exterior & Lighting, qui regroupe les pièces de carrosserie et l’éclairage, recule légèrement en valeur absolue, de 251 à 243 millions d’euros, même si le taux de marge gagne un dixième de point à 5,4 %, la division éclairage continuant de pâtir d’un carnet de commandes insuffisant hérité de l’acquisition de 2022.

Devant les analystes, Félicie Burelle a insisté sur le fait que la performance ne relevait pas d’un simple effet conjoncturel. Les mesures de réduction des coûts, intensifiées dès le deuxième trimestre 2025, ont ciblé à la fois les frais de structure et les dépenses indirectes de production. Parmi les principaux chantiers figurent une réduction de 30 % des heures consacrées au développement et à la R & D, la mutualisation des fonctions support dans des hubs situés dans des pays à coûts réduits - 500 personnes ont déjà été réaffectées, soit les deux tiers de l’objectif - ainsi que le déploiement d’un outil logistique destiné à abaisser les coûts de transport de 10 %.

 

L’Asie et l’Amérique du Nord prennent le relais

 

Dans le même temps, la géographie de la croissance continue de se redessiner. En Asie hors Chine, le groupe affiche une surperformance de 15,4 points par rapport à la production automobile régionale, avec un chiffre d’affaires économique en hausse de 18 % à périmètre et changes constants. L’Inde, où une cinquième usine a été inaugurée en 2025, ainsi que la Corée du Sud, en constituent les principaux moteurs.
Aux États-Unis, devenus en 2024 le premier pays contributeur du groupe, la croissance organique atteint 1,2 % malgré un marché en léger recul. Elle reste portée par les systèmes à carburant et par la montée en cadence des modules assemblés pour un constructeur américain à Austin.

En Chine, la coentreprise YFPO, dont le périmètre a récemment été élargi aux modules et à l’éclairage, progresse en ligne avec un marché en hausse de 10,5 %, soutenu par le dynamisme des véhicules à énergie nouvelle. OPmobility accompagne par ailleurs l’expansion internationale de constructeurs chinois, notamment en Espagne et en Malaisie.

 

L’éclairage en ligne de mire

 

Sur les perspectives 2026, Félicie Burelle adopte d’emblée un ton résolument prudent. « 2026 sera stable par rapport à 2025 en termes de ventes », a-t-elle indiqué, précisant que le marché chinois devrait être « en net recul », à rebours de son dynamisme récent, et que les effets du carnet de commandes engrangé ces dernières années ne se matérialiseraient pleinement qu’à partir de 2027. Dans ce contexte de plateau attendu sur les revenus, le groupe maintient néanmoins son objectif d’améliorer ses principaux agrégats financiers, notamment la marge opérationnelle, le résultat net, le cash-flow libre et la dette nette, par rapport à 2025.

L’un des principaux leviers identifiés reste l’éclairage. Après le protocole d’accord signé début janvier, OPmobility espère toujours finaliser l’acquisition d’une participation de contrôle dans l’activité lighting de Hyundai Mobis, un actif de plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires. « Nous pensons clairement que cette opération a du sens pour développer et faire passer notre activité éclairage à un niveau supérieur », a insisté la directrice générale. La structure envisagée serait une prise de participation majoritaire, dont le niveau exact reste à définir dans le cadre des négociations en cours. Le financement ne nécessiterait pas d’appel au marché, les 2,5 milliards d’euros de liquidités disponibles au 31 décembre - dont 1,9 milliard de lignes de crédit confirmées - offrant selon Oddo BHF « une marge de manœuvre confortable pour une éventuelle acquisition ».

L’opération, si elle se conclut comme anticipé d’ici la fin de l’année, permettrait à OPmobility de plus que doubler sa part de marché dans l’éclairage et d’intégrer Hyundai et Kia dans une base clients aujourd’hui dominée par les constructeurs européens et américains.

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