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Le plan de transformation de La Banque Postale monte en puissance / Et le meilleur serait à venir
Porté par un réseau physique unique en France et un modèle résolument multi-métiers entre banque de détail, assurance, gestion d’actifs et financement des entreprises, La Banque Postale a mis un sérieux coup d’accélérateur à sa transformation l’année dernière. En 2025, le groupe dirigé par Stéphane Dedeyan affiche un bond spectaculaire de sa rentabilité, fruit d’un effet ciseau particulièrement favorable entre hausse des revenus et stricte maîtrise des coûts.
« Nous sommes en train de réussir notre plan de transformation ». C’est par ces mots enthousiastes que le patron de La Banque Postale, Stéphane Dedeyan, résume l’année 2025 de son groupe.
Un effet ciseau très positif
De fait, le résultat net part du groupe (RNPG) a progressé de 31,2 % sur un an - et même de 47 % à périmètre et change constants - pour atteindre 1,6 milliard d’euros, porté par un effet ciseau très positif du fait de revenus (PNB) en hausse de 2,7 %, à 7,7 milliards d’euros (grâce notamment à la marge nette d’intérêt en progression de 24,4 %), contre une augmentation des charges de seulement 0,2 % à un peu moins de 5 milliards d’euros (et même de -1,4 % à périmètre et change constants).
Le profil de risque reste quant à lui maîtrisé, en hausse d’un point de base tandis que la structure financière de La Banque Postale demeure très solide, avec un ratio CET1 à 18,6 %, la plaçant parmi les banques les plus capitalisées ; et un coefficient d’exploitation en baisse de 15 points, à 62,8 %, par rapport à 2022. « Nous avons fait un effort extrêmement vigoureux de la maîtrise de nos charges, ce qui est une condition importante de notre compétitivité durable », insiste le dirigeant.
Un plan de transformation, initié par Stéphane Dedeyan à son arrivée en 2023, reposant sur trois piliers : renforcer les fondamentaux avec les synergies entre les différentes activités postales, bancaires et assurantielles, rationaliser les activités (cessions de Ma French Bank, KKBB - KissKissBankBank), et incarner la raison d'être. « Tous les segments de notre modèle multi-métiers sont au rendez-vous », constate le président du directoire de La Banque Postale.
Plus de 500 000 clients gagnés en un an
S’agissant de la banque et de l’assurance des particuliers pour le réseau La Banque Postale (combinant les activités de banque et d’assurance via les réseaux de La Poste et les plateformes d’expertise clients à distance ainsi que celui de Louvre Banque Privée), l’activité est très profitable avec un RNPG en augmentation de 395 millions d’euros par rapport à 2024 et des revenus en hausse de 4,8 % à 4,7 milliards d’euros.
C’est d’ailleurs là que l’effet de ciseau est le plus notable avec des frais de gestion en baisse de 2 % et un résultat brut d’exploitation multiplié par deux (604 millions d’euros). « Notre stratégie consiste à combiner les atouts de l’humain et du digital. Nous capitalisons sur les 800 000 personnes qui poussent chaque jour la porte d’un bureau de poste et cela fonctionne puisque nous constatons une croissance de 10 % des ventes en espace commercial. Nous avons par ailleurs fait progresser de 16 % nos ventes digitales », souligne Stéphane Dedeyan qui se réjouit d’une conquête annuelle de 538 000 nouveaux clients ou distanciés.
L’assurance et l’épargne en modèle ouvert (La Banque Postale Asset Management et CNP Assurance, y compris à l’international) voit son PNB progresser de 0,9 % à périmètre et change constants à 2,7 milliards d’euros sous l’effet de la progression des activités d’assurance en Amérique latine (+ 2 % au local quand le marché est à -20 %), en lien avec la hausse des taux au Brésil impactant favorablement la marge d’assurance et les revenus du compte propre. La collecte en assurance vie est record à 12,5 milliards d’euros.
La force d’un réseau commercial
Troisième bloc : la banque des entreprises et du développement local et ses revenus en hausse de 2,6 % sur un an, à 982 millions d’euros, et de 7 % de son RNPG, à 191 millions d’euros, « avec une belle croissance de notre production de financement à + 13 % aux personnes morales », précise-t-il.
A l’inverse, et dans un souci de préservation des marges, le groupe a baissé de 34 % la production de ses crédits immobiliers. « Nous avons cherché à rester dans le marché pour nos meilleurs clients mais sans faire la course à la baisse des prix », explique Stéphane Dedeyan, estimant son groupe « moins sensible à la compétitivité prix sur le marché immobilier par rapport à sa politique de conquête clients ».
« Nous avons su conquérir 538 000 nouveaux clients sans avoir besoin de casser les prix et les marges sur le crédit immobilier. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques très distinctives de notre groupe par rapport aux stratégies de nos concurrents qui eux ne font plus de flux en agences en les fermant. D’une certaine manière, ils n’ont plus que le crédit immobilier pour aller conquérir des clients quand notre politique mixe tous les leviers », répète-t-il. Et Stéphane Dedeyan de l’assurer : « Ce plan de transformation va continuer à produire ses effets et va commencer à donner sa pleine puissance ».
A noter qu’en marge de la présentation de ses résultats, la banque a annoncé la nomination de Philippe Aymerich, ancien directeur général délégué de Société Générale, en qualité d’administrateur indépendant du conseil de surveillance, présidé par la nouvelle patronne de La Poste, Marie-Ange Debon. Il remplacera ainsi Nefissa Sator, démissionnaire.
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