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L’impossible retour du quoi qu’il en coûte / Les finances publiques tricolores ne peuvent pas se le permettre
Occupé à se dépêtrer de l’utilisation du terme "choc pétrolier", Roland Lescure, ministre de l’Economie et des Finances, n’a pour l’heure pas fait machine arrière sur la question des aides aux Français. Les entreprises et les ménages subissent pourtant de plein fouet la hausse des coûts de l’énergie avec les conséquences induites sur l’activité économique. Certains pays comme l’Espagne ont quant à eux choisi d’intervenir pour alléger la pression sur le prix à la pompe. En France, pour l’heure seuls les transporteurs et les pêcheurs ont vu le gouvernement voler à leur secours.
Une absence d’action du côté de Bercy qu’explique aisément Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, laquelle confie à WanSquare que « la France n’a tout simplement pas les moyens d’un nouveau bouclier tarifaire ». Quand bien même ce serait le cas, les calculs effectués par l’économiste nuancent très largement l’efficacité de ce dernier. Elle explique en effet « qu’en 2022, 1,3 euro dépensé pour le bouclier tarifaire a permis de préserver un euro de PIB, là où il a fallu 25 euros en 2023 pour obtenir le même résultat ». Une dépense qui a donc lourdement grevé les finances publiques, Charlotte de Montpellier nous rappelant que c’est l’équivalent de 58 milliards d’euros qui y ont été alloués en 2022 puis 52 milliards l’année suivante. Un manque de moyens martelé également ce matin par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lequel a indiqué dans la presse que "nous avons bien moins de marges de manœuvre qu’avant le Covid ou même en 2022 : la France a le déficit le plus élevé de la zone euro".
Erreurs passées
Des sommes d’autant plus considérables que ce le quoi qu’il en coûte n’a pas été suivi d’un « quoiqu’il en réduit par-derrière », confiait à WanSquare un économiste d’une grande banque tricolore. Ce qui ne simplifie pas les choses alors que l’environnement actuel est celui de taux structurellement plus élevés. L’autre mauvaise nouvelle est que les ménages n’ont plus à leur disposition cet épais matelas constitué lors de la pandémie pour absorber les chocs. De quoi voir émerger l’hypothèse d’aides gouvernementales bien plus restreintes que par le passé.
D’une part, pour des raisons de coûts et d’autre part pour des questions d’efficacité, le même économiste expliquant "qu’il y a toute une réflexion sur ceux qui ont le plus besoin d’être protégés". "Est-ce vraiment pertinent d’aider les plus aisés dans une telle situation ?", se demande-t-il. Des arguments qui ne semblent pas avoir eu de prise sur un certain nombre de dirigeants européens, pour l’essentiel appartenant à des pays ayant redressé leurs finances publiques dernièrement. L’Espagne vient de dégainer un plan de quelque 5 milliards d’euros comprenant notamment une baisse de la TVA sur les carburants ainsi que des taxes sur l’électricité. Cela pousse logiquement les Français proches de la frontière y aller faire le plein, un phénomène que ne provoqueront pas les 300 millions d’euros de subventions sur les carburants que vient d’acter la Grèce.
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