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Novo Banco change l’équation de BPCE / Un rachat finalisé à 6,7 milliards d’euros
En finalisant le rachat de Novo Banco, BPCE met en œuvre l’un des axes structurants de son plan Vision 2030. Derrière les 6,7 milliards d’euros déboursés, l’enjeu est autant bilantiel que stratégique, entre diversification géographique et ajustement du profil de risque.
La plus importante acquisition bancaire transfrontalière dans la zone euro depuis plus de dix ans est désormais actée. BPCE a finalisé le rachat de Novo Banco pour un montant total de 6,7 milliards d’euros. L’annonce, faite jeudi 30 avril, concrétise un processus engagé près d’un an plus tôt, en juin 2025 avec la signature d'un protocole d'accord avec le fonds américain Lone Star, qui détenait alors 75 % du capital. Un deuxième accord, signé en octobre 2025, avait permis à BPCE de s'entendre avec l'État portugais et le Fonds de résolution bancaire pour racheter leurs 25 % restants, pour 1,6 milliard d'euros.
Le prix final mérite quelques précisions. Fixé à 6,5 milliards d'euros au 31 décembre 2025, sur la base d'un PER de 7,85 appliqué au résultat net 2025 de novobanco, soit 828 millions d'euros, il a été porté à 6,7 milliards au 30 avril pour tenir compte de l'augmentation des fonds propres de la banque sur les quatre premiers mois de 2026. Soit, au bout du compte, une valorisation sensiblement inférieure au multiple de neuf fois les bénéfices annuels évoqué lors de l'annonce initiale de juin 2025, témoignant d'un mécanisme de prix adossé à la performance réelle de l'établissement.
Un actif rentable au profil bilantiel complémentaire
Ce que BPCE rachète n’a plus rien d’un dossier de redressement. Au terme de plusieurs années de transformation, Novo Banco présente désormais le profil d’une banque assainie et très rentable : 1,6 milliard d’euros de produit net bancaire et 828 millions de résultat net en 2025, pour un coefficient d’exploitation inférieur à 35 % et un retour sur fonds propres tangibles supérieur à 20 %. Des niveaux qui la situent parmi les établissements les plus performants en Europe. Son ratio de solvabilité CET1 atteignait 17,4 % fin 2025, nettement au-dessus de l’exigence réglementaire de 10,1 % fixée pour 2026. L’intégration au sein de BPCE renforce encore ce profil : Moody’s a relevé le même jour la notation de la dette senior de Novo Banco de Baa1 à A3, en invoquant « une forte probabilité de soutien de l’entité mère ».
Du côté de l’actif, le portefeuille de Novo Banco présente des caractéristiques qui intéressent particulièrement BPCE pour des raisons structurelles. Avec 18,2 milliards d'euros de crédits aux entreprises, 11,1 milliards de prêts immobiliers et 2,7 milliards de prêts personnels, la banque portugaise détient un encours majoritairement à taux variable, là où le bilan de BPCE est très exposé aux prêts immobiliers à taux fixe en France, pour près de 396 milliards d'euros, indiquait UBS dans une note publiée en début d’année. Une complémentarité bilantielle qui apporte un meilleur équilibre dans l’exposition du groupe aux taux.
Une base portugaise qui devient stratégique
Sur le plan géographique, l'opération fait du Portugal le deuxième marché domestique retail de BPCE après la France. Une évolution majeure pour un groupe encore très concentré sur son marché domestique, qui représente près de 80 % de ses revenus. L’économie portugaise est décrite comme « dynamique et attractive, aux fondamentaux solides » par BPCE, et Novo Banco y occupe une position significative, avec 1,7 million de clients, une part de marché de 9 % chez les particuliers et 14 % chez les entreprises non financières, dont 18 % auprès des PME. « Novobanco est une banque performante, profondément ancrée au Portugal et plébiscitée par les ménages, les PME et les grandes entreprises du pays. Son positionnement au cœur de l'économie réelle est comparable à celui des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne en France », a souligné Nicolas Namias, président du directoire de BPCE.
Côté gouvernance, novobanco conserve son autonomie opérationnelle et reste gérée localement. Mark Bourke est maintenu dans ses fonctions de directeur général, avec un rattachement à Jacques Beyssade, secrétaire général de BPCE. Trois nouveaux membres proposés par BPCE rejoindront le Conseil de surveillance, en remplacement de ceux désignés par Lone Star. La mise en œuvre du plan d'intégration sera pilotée par Olivier Delay, précédemment directeur général de Natixis CIB Americas.
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