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Casino verrouille ses banques et affronte ses créanciers / Le groupe avance sur Quatrim tandis que les TLB saisissent le tribunal

Casino avance sur plusieurs fronts à la fois dans sa restructuration financière. Après avoir sécurisé ses accords bancaires, le groupe doit désormais gérer l’offensive de ses prêteurs TLB devant le tribunal et finaliser un compromis avec les porteurs de Quatrim.

10/08/2026 - 11:30
Philippe Palazzi, le directeur général de Casino. (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)
Philippe Palazzi, le directeur général de Casino. (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)

Chez Casino, l’été ne connaît pas de trêve. En l’espace de quarante-huit heures, le distributeur stéphanois a scellé ses protocoles de conciliation avec ses banques, vu ses prêteurs TLB, créanciers au titre du prêt à terme de 1,4 milliard d’euros, porter leur offensive devant le tribunal et ouvert un nouveau chapitre de négociations avec les porteurs des obligations Quatrim, la dette adossée à son immobilier. « Le Groupe annonce avoir engagé des discussions avec les créanciers Quatrim dans le cadre de son projet d’adaptation et de renforcement de sa structure financière », indique le communiqué publié vendredi 7 août, qui renvoie à une présentation détaillée mise en ligne le jour même.

Le document lève le voile sur des échanges déjà nourris. Après de premières propositions préparées par la société le 22 juillet, puis par le groupe ad hoc de porteurs (AHG), qui représente environ 35 % des obligations, le 29 juillet, « les négociations se poursuivent avec une contre-proposition soumise par la Société le 6 août 2026 […] et une contre-proposition soumise par l’AHG le 7 août 2026 », précise le point d’étape. Sur l’essentiel, les deux camps convergent. L’échéance de la dette serait repoussée, avec une « extension de 12 mois de la maturité des obligations Quatrim de janvier 2028 à janvier 2029 » côté société, l’AHG mettant sur la table cette même option ou une extension limitée à six mois, jusqu’en juillet 2028. Le coupon de 8,5 % resterait inchangé dans les deux schémas, de même que la mainlevée de la garantie Segisor et l’abaissement du seuil de liquidité minimum de 40 à 15 millions d’euros, Monoprix devant rembourser partiellement par anticipation le proceeds loan afin de reconstituer la liquidité de Quatrim si elle passait sous ce plancher. Les divergences portent sur le prix du consentement. Là où Casino propose des commissions de 25 points de base, aucun remboursement immédiat et une commission d’extension conditionnelle de 150 points de base en nature, les porteurs réclament des commissions doublées à 50 points de base, un remboursement de 5 à 10 millions d’euros dès la réalisation de l’opération et des commissions d’extension en nature pouvant atteindre 300 points de base.

L’enjeu financier paraît toutefois circonscrit. Le plan de cession des actifs immobiliers de Quatrim avait atteint 136 % de son objectif à fin juin 2026, avec 439 millions d’euros de produits de cession réalisés contre 324 millions attendus, soit environ 93 % du programme prévu jusqu’à fin 2028. Au 30 juin, le principal restant dû des obligations Quatrim était ramené à 109 millions d’euros, pour 40 millions de trésorerie logés dans la structure.

 

Une avancée décisive avec les banques

 

Cette nouvelle étape arrive surtout après une avancée autrement structurante obtenue la veille avec les banques. Casino a signé avec elles des protocoles de conciliation prévoyant un nouveau RCF d’environ 700 millions d’euros, le maintien de quelque 640 millions d’euros d’autres financements opérationnels et une ligne de garantie à première demande de 175 millions d’euros destinée à l’alliance aux achats. Leur mise en place reste conditionnée à la réalisation de la restructuration. Les accords ont été soumis au Tribunal des activités économiques de Paris pour homologation ou constat.

Le soutien des banques est d’autant plus déterminant que Casino a choisi depuis juillet d’avancer sur la base de la proposition de son actionnaire de référence France Retail Holdings. Le conseil avait estimé le 10 juillet que cette offre était, en l’absence de solution consensuelle, celle qui « sert le mieux l’intérêt social du groupe Casino ». Quelques jours plus tard, les banques avaient accepté d’améliorer les sûretés offertes aux prêteurs TLB et, surtout, de renoncer à la condition qui faisait dépendre leurs financements de l’accord des deux tiers de ces derniers.

 

Les TLB ne désarment pas

 

Cette levée de verrou n’a pas rapproché Casino de ses prêteurs TLB. Ceux-ci avaient refusé de prolonger leur consentement au cas de défaut lié à l’ouverture des discussions financières et annoncé leur intention de demander la résolution du plan de sauvegarde. Ils ont finalement engagé cette action le 6 août. Le tribunal devra donc examiner à la fois cette demande, le projet de modification des plans de sauvegarde accélérée que Casino prévoit de lui soumettre dans les prochaines semaines et l’homologation des accords conclus avec les banques.

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