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exclusif Le Japon peut-il (durablement) s'en sortir ?

EXCLUSIF. En dépit du quantitative easing qui dope les exportations, l'archipel japonais fait face à une reprise économique hésitante. Le gouvernement a annoncé un nouveau plan de relance de 53 milliards de dollars.
Le budget supplémentaire de 53 milliards de dollars (5 500 milliards de yens) adopté aujourd'hui par le Japon a pour objectif la création de 250 000 emplois sur l'archipel nippon et financera en priorité les projets d'infrastructures et du bâtiment. Plusieurs milliards de dollars seront également versés aux familles des classes populaires, sous forme de chèques de 100 dollars par enfant. Derrière ces objectifs ambitieux se cache pourtant une autre justification : ce plan de relance servira à compenser la hausse de 3% de la TVA. Le plan de relance devrait être adopté début 2014 par le parlement. Si la politique monétaire ultra accommodante de la Bank of Japan a permis de sortir le pays de la spirale déflationniste dans laquelle il se trouvait, l'adoption de multiples plans de relances sur fond de création monétaire massive (équivalente à 5% du PIB mondial cette année) interroge sur la capacité du Japon à réellement relever son économie. Ce nouveau plan de 53 milliards de dollars, en tout cas, a davantage l'allure d'une fuite en avant du gouvernement japonais que d'une reprise durable. Shinzo Abe, le premier ministre, estime que l'archipel devrait connaître un regain de croissance (au premier trimestre 2014) dû à un sursaut de la consommation afin d'éviter la hausse de la TVA. A noter que celle-ci devrait encore augmenter de 2% en 2015. Interrogé sur la doctrine économique de Shinzo Abe, Koichi Hamada, un de ses conseillers et économistes à Yale se déclare satisfait. Il donnerait un A+ pour l'assouplissement monétaire et un B au programme de dépenses. Plus surprenant, Hamada ne donnerait toutefois qu'un E au premier ministre concernant la mise en oeuvre de réformes structurelles destinées à soutenir la croissance sur le long terme. L'économie nipponne a émergé de la récession fin 2012, et affichait un rythme de croissance de 4,3% au premier trimestre. Au troisième trimestre cependant, la croissance a ralenti à 1,1%, en raison de la faiblesse des exportations à destination des émergents, eux mêmes confrontés à un ralentissement de leur économie. Jusqu'à présent, ce sont les dépenses gouvernementales qui ont principalement alimenté la croissance, des dépenses que la hausse de la TVA devait permettre de financer.
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