Les patrons des banques US restent inamovibles jusqu'à la retraite!
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Selon des universitaires américains, le turnover des patrons des banques du S&P 1500 n'a été que de 6% après la faillite de Lehman Brothers. Preuve que les fautes sont rarement sanctionnées.
C'est un constat amer pour les amateurs de bonne gouvernance d'entreprise: les patrons des banques américaines ne paient que très rarement le prix de leurs mauvaises actions. Telle est la conclusion d'une étude menée par plusieurs universitaires américains.
Co-écrite par Steven M. Davidoff, Andrew Lund et Robert Schonlau, la recherche a analysé le turnover des dirigeants d'institutions financières de l'indice boursier S&P 1500 entre 2006 et 2010. Le résultat est clair : que ce soit avant ou après la crise, les patrons n'ont en général pas eu -hormis quelques exceptions notables- à répondre de leurs piètres décisions. Seuls 6,27% des dirigeants ont dû changer de fonctions entre 2008 et 2010, un chiffre à peine supérieur (5,6%) à la période 2006-2007. Les départs des patrons des banques, à l'époque en grande difficulté, n'ont été supérieurs que d'un point en moyenne aux autres sociétés, ce qui montre qu'ils n'ont en réalité pas pâti de leurs mauvaises performances, ajoute l'étude.
Dans le même temps, les indemnisations des directeurs -qui ont atteint une moyenne annuelle de 134 000 dollars en cash et en primes entre 2006 et 2010- ne sont pas liées aux résultats de l'institution, mais plutôt à sa taille. Plus cette dernière est élevée, plus le package de rémunération sera important, explique la recherche.
Il faut dire que l'activisme de l'actionnariat est limité par les régulations de la Fed, qui ont pour effet d'enraciner les conseils d'administration et d'empêcher le renouvellement des équipes en place dans les institutions financières. Seules les plus grosses banques comme Bank of America, Citigroup, JP Morgan ou Wells Fargo, ont subi les frondes d'activistes sur la période de l'étude. De ce fait, si les directeurs sont poussés vers la sortie, c'est davantage en raison des pressions du marché que d'une action directe des actionnaires.
Seules les circonstances les plus graves et les plus visibles peuvent, toutefois, permettre d'évincer les CEO, comme dans le cas de Yahoo -ou plus récemment d'Hewlett Packard. Mais là encore, le processus peut quand même prendre des années.
De cette manière et malgré des circonstances extrêmes, la raison principale des remaniements à la tête des plus grandes sociétés reste l'arrivée à l'âge de la retraite obligatoire des dirigeants, fixée outre-Atlantique à 70 ans !
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17/09/2021 - 10:31

