Top 10 des AG les plus houleuses depuis 2016
1/ Bombardier
L’enveloppe de salaires pour les six dirigeants du groupe aéronautique canadien est passée de 21,9 millions de US dollars en 2015 à 32,6 millions en 2016, soit une augmentation de 48,85%. En parallèle, Bombardier annonçait la suppression de 7.000 emplois en février 2016 et 7.500 emplois supplémentaires en octobre, le groupe étant englué dans des difficultés liées à des retards de commandes pour son dernier avion, le CSeries. Fustigés par les actionnaires et l’opinion publique pour la hausse de leurs rémunérations au moment d’une perte nette d’1 milliard de US dollars, les six plus hauts dirigeants ont finalement dû revoir leurs rémunérations.
2/ British Petroleum
En 2016, le directeur général du groupe pétrolier BP, Bob Dudley, a perçu 10,9 millions d’euros de rémunération contre 18,2 millions d’euros un an plus tôt, soit une baisse de près de 70%. La colère des actionnaires aura eu raison de son salaire. Cette décision est effectivement intervenue après que les actionnaires du groupe aient voté à une nette majorité contre la hausse de 20% de sa rémunération au moment où BP subissait la forte baisse des cours du pétrole. Bien que leur vote ne soit que consultatif, le président du conseil Carl-Henric Svanbeg a tenu sa promesse de réforme du mode de rémunération de ses dirigeants.
3/ Wells Fargo
La banque américaine Wells Fargo a admis avoir ouvert 2 millions de comptes fictifs afin que ses conseilleurs puissent atteindre leurs objectifs de vente. Entre septembre et novembre 2016, l'établissement, qui revendiquait 40 millions de clients, a vu les nouvelles ouvertures de comptes chuter de 37 %. Dans le sillage du scandale, la banque a dû faire face à une très vive colère de ses actionnaires réunis en AG. Le mécontentement ne s’est pas limité aux petits actionnaires : investisseurs et cabinets de conseils ont estimé que la banque devait aller bien plus loin dans son travail de nettoyage. Face à l'ampleur prise par le scandale, le PDG John Stumpf a été contraint à la démission et le système de rémunération des conseillers en agence a été modifié.
4/ Volkswagen
Alors que le numéro un mondial de l’automobile essuyait des pertes sans précédents à la suite du scandale de manipulation des tests d'émissions polluantes, le maintien du versement des primes à ses dirigeants a agité les débats. Le groupe justifiait tant bien que mal le montant des primes par un résultat courant net record en 2016, porté par les ventes de ses marques Audi et Porsche. Souhaitant mettre fin à la polémique, VW a pris des mesures pour contenir la rémunération de ses dirigeants. Ainsi, la rémunération totale du président du directoire est désormais plafonnée à 10 millions d’euros, celle des dirigeants à 5,5M€. D’autre part, les dirigeants perdront leur prime annuelle si le bénéfice d’exploitation demeure en deçà de 9M€, le seuil précédant étant de 5M€. Le groupe a annoncé que « la rémunération théorique maximale diminuera de 40% au plus ».
5/ Australia Post
En 2010, Ahmed Fahour arrive à la tête de la direction de la Poste d’Australie qui souffre alors de pertes nettes record. Le nouveau PDG « sauve » le groupe en réorientant des milliers d’employés de l’activité du courrier postal vers celle des colis commerciaux. La Poste australienne est devenue depuis un géant de la livraison des colis et des produits de commerce en ligne. Néanmoins, l’annonce de sa rémunération de 4 millions d’euros par le Sénat en 2016 fait scandale dans le pays. Faisant suite à la polémique, Ahmed Fahour présentera finalement sa démission à l’assemblée générale de son exercice décalé 2016-2017 lors de laquelle les résultats du groupe étaient pourtant époustouflants : un bénéfice net de 131 millions de dollars australiens contre 16 millions à la même période 1 an plus tôt.
6/ Reckitt Benckiser
Lors de l’assemblée générale des actionnaires de RB, tenue le 5 mai 2016, deux Coréens ont largement perturbé le cours de la réunion à Londres. En effet, le groupe britannique de produits de grande consommation Reckitt Benckiser a fait scandale en 2011 après le décès suspect de quatre femmes enceintes en Corée du sud. Finalement les résultats de l’enquête ont montré que 177 décès étaient dus à l’utilisation des produits Oxy Reckitt Benckiser. Le groupe, qui vend des humidificateurs que les coréens utilisent massivement pendant la saison sèche, utilisait des produits mortels. Finalement à la suite d’une enquête gouvernementale, le groupe a décidé l’an dernier de faire porter l’entière responsabilité sur ses dirigeants et de réduire drastiquement la rémunération de son DG, Rakesh Kapoor.
7/ Alstom
Lors de l’AG des actionnaires d’Alstom en juillet 2016, 62% des votes ont rejeté la résolution relative à la rémunération du PDG Patrick Kron à sa tête depuis 2002. Au titre de l’exercice décalé 2015-2016, il s’était vu attribué 1 million d’euros brut de rémunération fixe, 1,16 million de rémunération variable ainsi qu’une rémunération variable exceptionnelle d’un montant de 4,45 millions d’euros conditionnée à l’aboutissement de la vente d’Alstom Power à General Electric, devenue effective en décembre 2015. Finalement, en août 2016 le conseil d’administration a indiqué dans un communiqué ne pas avoir donné suite au vote négatif qui n’était que consultatif.
8/ Renault
La rémunération de Carlos Ghosn, le PDG de l'entreprise depuis 2005, est au centre des critiques de certains actionnaires, au premier rang desquels, l’Etat qui indique depuis deux ans voter contre les montants proposés par le conseil d’administration. Si les actionnaires ont rejeté à 54,12% la résolution sur le Say on pay l’an, passé, il n’en est pas de même cette année, cette même résolution ayant reçu l’aval d’un peu plus de 53% des actionnaires présents ou représentés. Une bonne nouvelle pour l’homme fort de Renault puisque dorénavant, compte tenu de la loi Sapin 2, les salaires retoqués par les actionnaires en assemblée générale devront être revus à la baisse.
9/ SoLocal
L’ex Pages jaunes, qui a fait face à une dégradation continue de son activité annuaires imprimés et de sa rentabilité, a fait part l’an dernier de son intention de faire fondre sa dette par le biais d’une augmentation de capital. La décision des dirigeants a alors suscité la révolte des actionnaires qui ont jugé qu’une telle opération reviendrait à les spolier. Finalement, à l’issue d’une assemblée épique de plus de 4 heures, un plan de restructuration révisé a été adopté en décembre 2016 pour faire face à la dette colossale d’1,19 milliard d’euros qui sera ramené à 400 millions en échange d’une hausse de capital très dilutive.
10/ PSA Peugeot-Citroën
D’après le document de référence 2015 du groupe PSA, Carlos Tavares, son PDG, avait touché au titre de l’exercice 2015 la somme de 3,23 millions d’euros à laquelle s’ajoutaient 130.000 actions de performance d’une valeur de 2,01 millions. La CFDT et la CGT se sont alors insurgés, les représentants de l’Etat, actionnaire de référence à hauteur de 14%, s’opposant également à une telle augmentation et recommandant même une baisse de 30% de la rémunération du dirigeant lors de l’AG de mars 2016. Recommandation qui n’a rien changé au cours des choses.
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