Banques / Banque-assurance
Banques
Banque-assurance
Les banques à l'aube d'un choc des mondes
Les banques ne ménagent pas leurs efforts depuis de nombreux mois pour relever plusieurs défis de poids. A commencer par l’afflux de réglementations leur imposant des ratios de solvabilité toujours plus draconiens. Mais aussi la révolution digitale en passe de bouleverser tant leur approche commerciale que leur business model. Deloitte vient de réaliser une étude très approfondie sur les grandes tendances bancaires, intitulée : « 2018, le retour de la confiance ? ».
Le spécialiste de l’audit et du consulting part d’abord d’un présupposé aux conséquences effectivement bien lourdes pour le secteur bancaire : avec l’émergence de nouvelles monnaies non régulées, s’ouvre une nouvelle ère et avec elle un possible choc des mondes entre économie traditionnelle et nouvelle. De même, le paysage concurrentiel aborde-t-il aujourd’hui de nouvelles formes. Deloitte a ainsi identifié sept forces susceptibles de redessiner le terrain de jeu : la banalisation des coûts, la redistribution des profits (les nouvelles technologies donnent naissance à de nouveaux types de bénéfices entre les chaînes de valeur bancaire), la propriété de l’expérience client, l’émergence des plateformes (les banques ont de plus en plus recours à des plateformes multi-services qu’elles utilisent comme canaux de distribution), la monétisation des données, la main d’œuvre bionique (l’intelligence artificielle annonce de grands changements sur le plan des ressources humaines) et enfin les technologies d’importance systémique (les banques deviennent de plus en plus dépendantes des moyens des grandes entreprises technologiques).
Du côté des paiements, Deloitte constate que l’argent liquide a tendance à disparaître, mais finalement assez lentement, le cash étant toujours très utilisé. Au long cours, la bascule vers les paiements mobiles pourrait se faire au bénéfice de la hausse régulière des achats en ligne et de la mobilité des consommateurs. L’auditeur constate aussi que la digitalisation se heurte toujours à une forte résistance des clients qui préfèrent le modèle traditionnel. Il parle ainsi d’une lente disruption. « Peu de clients ont quitté leur banque traditionnelle malgré les efforts marketing significatifs des banques en ligne et banques mobiles ». Du coup, même si les grands établissements accélèrent leurs grands chantiers de modernisation d’infrastructure (Cloud, IA…), ils se contentent de suivre les standards définis par les fintech et géants du digital.
Et d’aborder le sujet qui tarabuste toutes les banques, à savoir celui de « l’open banking ». Aujourd’hui, les banques se concurrencent et gagnent des parts de marché en offrant des produits de qualité et en protégeant les données des transactions. « Demain, en tant que banque ouverte, la concurrence et les gains de parts de marché se joueront autour d’une offre de solutions digitales et du partage des données et des transactions avec un écosystème de partenaires », précisent les experts de Deloitte.
De quoi donner du grain à moudre à tous les protagonistes du secteur? Car ceux à la tête d’un important réseau de détail devront, en plus, trouver des solutions adéquates pour reclasser une main d’œuvre qui ne sera plus adaptée à ces grands bouleversements commerciaux et financiers.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

