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exclusif Les rémunérations des patrons du CAC 40 sont en baisse

EXCLUSIF. Alors que les émoluments des dirigeants de l'indice phare ont chuté de plus de 6% en un an, ceux du SBF 80 sont en hausse, selon Proxinvest. La question de rémunération à la performance reste centrale.
Pour la première fois depuis 2009, la rémunération totale moyenne des présidents exécutifs du CAC 40 est passée sous la barre des 4 millions d'euros. En effet, entre 2011 et 2013, la gratification des patrons a chuté de 6,3% (-1% hors indemnités de départs), selon le quinzième rapport annuel de Proxinvest sur les rémunérations des dirigeants sociétés françaises. Une légère diminution qui n'est sans doute pas étrangère à "la pression fiscale ou réglementaire" et de la campagne électorale de 2012, selon Pierre-Henri Leroy, président du cabinet de conseil. Les actionnaires de ces sociétés n'ont pas eu leur mot à dire sur ces montants, mais la pratique va évoluer puisque dès demain Pernod Ricard s'essayera au "say on pay", comme le prévoit le code Afep-Medef. La société de Pierre Pringuet emboitera ainsi le pas à une firme du SBF 80, Eutelsat qui tiendra son Assemblée générale jeudi. D'ailleurs les montants de rémunérations des sociétés du CAC 40 méritent d'être mis en perspective avec l'augmentation constatée des émoluments des présidents du SBF 80, qui ont enregistré une hausse significative de 9,3% en 2012 à 2,3 millions d'euros. Hors indemnités de départ cette augmentation est même de 11,2%. Ce que Loïc Dessaint, directeur associé, qualifie de "sorte de rattrapage" par rapport aux plus grandes valeurs françaises. Ainsi le top cinq des dirigeants les mieux rémunérés (stock options comprises) alterne patrons du CAC 40 et du SBF 80, tels que Bernard Charlès de Dassault Systèmes (14,9 millions d'euros), qui a créé 116% de valeur sur trois ans, Carlos Ghosn de Renault (13,4 millions), Bernard Arnault de LVMH (9,5 millions) ou encore Patrick Thomas de Hermès International (9,1 millions). En ce qui concerne les rémunérations fixes "un nombre trop élevé de conseils d'administration oublient de bien expliquer aux actionnaires les raisons des hausses de rémunérations fixe" alors même que les fixes ont augmenté plus vite que l'inflation depuis 2006, déplore Proxinvest. Mais ce sont surtout les bonus qui chiffonnent le cabinet. Même si le contexte boursier a été favorable en 2012 (+15% pour le CAC), les bénéfices nets cumulés des principales entreprises cotées ont chuté de 27%, ce qui n'a pas empêché la rémunération variable annuelle moyenne de stagner au sein du CAC 40 et même d'augmenter de 5% dans le SBF 80. Enfin, la rémunération actionnariale (options, actions ou instruments indexés sur les actions) a augmenté de 7% pour le SBF 120. "Cette forme de rémunération fondée sur la création de valeur sur le long terme représente la meilleure alternative aux politiques de rémunération court-termistes", conclut Proxinvest.
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