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Eurazeo boucle de belles sorties en 2015 et confirme ses ambitions américaines
« 2015 est un exercice record mais pas exceptionnel, nous avons vocation à répliquer ces performances grâce au profil diversifié d’Eurazeo », a martelé un ambitieux Patrick Sayer, président du directoire d’Eurazeo, à l’occasion de la présentation des résultats annuels. La société d’investissement cotée a ainsi annoncé une hausse de 12% de son chiffre d’affaires économique l’an passé, porté par (quasiment) l’ensemble de ses participations. Parmi les principales, les doudounes Moncler (+27% à 880 millions d’euros) et le fabricant de jeux Asmodee (+55% dont 19% en organique, à 270 millions d’euros) continuent d'être les locomotives du groupe, même si le poids de la première s’est nettement allégé, après la cession de la moitié de ses parts par Eurazeo en mai dernier. Asmodee est un exemple type de réussite dont son actionnaire peut se réjouir, avec sept build-up depuis 2013, des revenus multipliés par 2,6 et un Ebitda quadruplé en seulement deux ans !
Le mouton noir est pour l’instant la marque de vêtements Desigual, dont les revenus ont reculé de 3,3% et l’Ebitda de 9,2% l’an passé en raison de la faiblesse des ventes en Europe, en particulier en France et Espagne et aux fermetures de magasins. Avec l’aide du management, Eurazeo compte accélérer cette adaptation du périmètre à la nouvelle donne, redynamiser l’offre avec plus de collections et a nommé deux nouveaux directeurs généraux pour l’accompagner.
L’année 2015 a aussi été celle de la rotation du portefeuille chez Eurazeo, qui a eu le nez creux et profité de l’éphémère ouverture de la fenêtre des marchés au premier semestre. L’IPO d’Elis, qui lui a rapporté 250 millions d’euros, et celle d’Europcar pour près d’1 milliard d’euros, ont représenté plus de 70% des plus-values de cessions l’an passé. Auxquelles il convient d’ajouter la cession du bloc Accor (4,7%) pour 350 millions d’euros et celle de titres Moncler (7,8%) pour 280 millions d’euros. Ces belles sorties lui ont permis d’enregistrer un bénéfice net record de 1,276 milliard d’euros en 2015, contre une perte de 37,2 millions l’an passé, et de choyer ses actionnaires. Outre un dividende de 1,2 euro par action et la distribution d’une action Eurazeo pour 20 détenues, le groupe a annoncé le versement d’un dividende exceptionnel de 1,2 euro qui a plu au marché : le titre progresse de près de 2% dans un CAC stable ce mercredi. Mais n’a pas oublié les investissements puisqu'il a abondé un total de 550 millions d’euros (InVivo, PeopleDoc, Capzanine et IMSquare aux US) et engagé 100 millions supplémentaires.
Eurazeo a par ailleurs fini l’année avec une solide position de trésorerie, soit une dette nette de seulement 355 millions d’euros et 1 milliard d’euros de cash disponible pour ses investissements. Qu’il a mis à profit dès ce début d’année en signant son ambitieux projet hôtelier avec Accor, une exclusivité avec les Petits Chaperons Rouges, deuxième groupe français de crèches privées avec 140 millions d’euros de revenus en 2015, qui doit aboutir très vite. Mais aussi avec l’annonce de l’acquisition de Glion et les Roches, deux écoles privées suisses dans l’hospitalité et le luxe qui ont généré un chiffre d’affaires 173 millions de francs suisses (156 millions d’euros) l’an passé, un pas de plus dans l’univers des services alors que les profils spécialisés luxe manquent de plus en plus chez les Starwood et autres Hilton.
Mais l’annonce marquante de ce matin a surtout été celle de l’ouverture d’un bureau à New York, dont WanSquare s’était fait l’écho. Le pays représente le premier marché mondial du private equity avec 50% des deals à l’échelle mondiale. Eurazeo compte miser sur son approche de long terme par rapport à des véhicules classiques du non coté, mais aussi son profil européen et diversifié, même s’il investira seulement via Eurazeo Capital pour le moment. Virginie Morgon, qui a travaillé sur le sujet depuis plus de deux ans, va s’installer à New York et y ouvrir un bureau opérationnel de 6-7 personnes dès juin-juillet, ainsi que plusieurs senior advisors. Elle a vanté la profondeur du marché US, où Eurazeo investira des tickets de 200 à 450 millions de dollars dans les biens de consommation et les services aux entreprises, qui pourraient donner lieu à une syndication avec des acteurs locaux. Tout en se montrant honnête : « Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que ce marché est très compétitif et que personne ne nous y attend », a-t-elle reconnu.
En attendant de possibles deals américains en 2016, Patrick Sayer a tenu à souligner la bonne performance de l’actif net réévalué d’Eurazeo l’an passé, qui a progressé de près de 10% à 72,3 euros par action notamment grâce à la hausse des titres cotés. Ce dernier a tenu à mettre en exergue la bonne tenue du titre sur six ans (+106% soit +13% par an en moyenne) et sa généreuse politique de distribution, avec 912 millions d’euros retournés aux actionnaire depuis fin 2009. Et d’espérer que le profil diversifié d’Eurazeo permette à terme de réduire la décote de holding, qui tourne autour de 20%. Voire même, un jour, de l’éliminer.
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