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Le boomerang du gaz

GDF Suez continue à mettre la Commission de Régulation de l'Energie et le gouvernement devant leurs responsabilités en réclamant une hausse des tarifs de gaz conforme à la législation.
Dura lex sed lex. Puisqu'on a fait une loi pour encadrer le processus de fixation du prix du gaz, le leader français GDF Suez se conforme scrupuleusement aux textes. Et nul ne saurait l'en blâmer. Comme la hausse des coûts d'acheminement et d'approvisionnement qui sert de critère de référence impliquait une augmentation de l'ordre de 8% l'été dernier, et que le groupe n'avait obtenu que 2%, il demande à la Commission de Régulation de l'Energie une hausse de 7% le 1er octobre prochain pour tenir compte d'une nouvelle hausse des coûts de 1%, et d'un rattrapage de 6% du manque à gagner depuis l'été. Cette persévérance dans le respect des règles est d'autant plus légitime qu'entretemps, le Conseil d'Etat a donné raison à GDF Suez qui avait demandé l'annulation du non respect précédent de la formule, imposé par le gouvernement Fillon à l'automne 2011. Le groupe présidé par Gérard Mestrallet pousse cependant sa position à l'extrême en réclamant un rattrapage de 6%, alors que début juillet il avait semblé prêt à se contenter d'une hausse de 4 à 5%, inférieure à l'application totale de la formule. En tout état de cause, il s'agit sans doute de crever l'abcès une fois pour toutes afin d'éviter la même comédie tous les trimestres. Alors que le gouvernement envisage un autre mécanisme de fixation des prix du gaz tenant compte du niveau de consommation, il serait cependant bien inspiré d'appliquer la loi tant qu'elle est en vigueur, plutôt que d'attendre de se faire taper sur les doigts par le Conseil d'Etat. D'autant que comme premier actionnaire de GDF Suez avec 36% du capital, il est la première victime des manques à gagner qu'il impose au groupe, sachant que chaque hausse de 1% non répercutée obère l'Ebitda du groupe de 100 millions d'euros sur une base annuelle. GDF Suez ayant ainsi sous-performé le CAC 40 de 17% depuis le début de l'année et de 30% en trois ans, la valeur de la participation de l'Etat affiche une baisse de 2,5 milliards d'euros sur huit mois. Et même de 5 milliards sur cinq ans par rapport à ce qu'elle aurait pu être si le groupe n'était pas pénalisé par ses activités françaises, qui ne représentent que 37% de son chiffre d'affaires.
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