Vivendi continue ses emplettes chez Gameloft et se montre ambitieux
Les résultats trimestriels de Vivendi étaient attendus par le marché, mais moins pour l’aspect du compte de résultat ou du bilan que pour les commentaires du groupe concernant sa montée au capital de Telecom Italia et des deux éditeurs français de jeux vidéo, Ubisoft et Gameloft. Ainsi, le groupe a sans surprise dévoilé un trimestre impacté par les comparables de l’an passé, où il avait engrangé des plus-values record sur ses cessions d’actifs. Le chiffre d’affaires sur neuf mois est en légère hausse de 1,4% à change et périmètre constants, à 7,61 milliards d’euros, mais le résultat opérationnel ressort en baisse de 9,4% à 757 millions d’euros, notamment en raison des hausses de dépenses dans les contenus chez Canal Plus, en particulier pour les événements sportifs. Et le résultat net part du groupe fond de 35% à 1,79 milliard d’euros depuis le début de l’année.
Mais ce sont deux phrases qui suscitent plus particulièrement l’intérêt : dans les derniers développements, Vivendi annonce avoir acquis des titres Ubisoft et Gameloft sur le marché, et détenir 10,89% du capital du premier et 15,98% du second au 9 novembre, contre 10,39% et 10,2% respectivement auparavant. Cela signifie que Vincent Bolloré est prêt à augmenter son exposition au groupe fondé par la famille Guillemot, qui détient pourtant 22,5% du capital et pourrait entraver toute volonté de prise de contrôle. Les deux cibles ont toutes les deux accueilli très fraîchement la nouvelle de l’entrée de Vivendi et sont pour le moment décidées à s’opposer à un rachat qui ne leur semble pas créateur de valeur, dans une industrie où l’indépendance compte. Et n’hésitent pas à lui opposer sa sortie d’Activision Blizzard pour les mêmes raisons.
Mais Viencent Bolloré, qui est habitué à jouer au billard à trois bandes, n’a probablement pas dit son dernier mot. Dans son communiqué, la société a confirmé détenir 20,03% de Telecom Italia, et le président du directoire, Arnaud de Puyfontaine, a indiqué vouloir être un investisseur de long terme dans l’opérateur télécoms italien et développer ses activités dans l’Europe du Sud. De quoi entretenir les rumeurs les plus folles sur sa possible alliance avec Xavier Niel, qui est en passe de monter à 15,1% de l’acteur transalpin. Les détails de l’entrevue de ce dernier avec la Consob italienne devraient d’ailleurs être bientôt publiés et pourraient permettre d'en savoir plus sur le sujet.
Enfin, Vivendi n’a pas fait mystère de sa volonté de mettre au travail la montagne de cash héritée de ses cessions d’actifs. Le groupe affiche une trésorerie nette de 8 milliards d’euros à fin septembre et, s’il redistribuera 2,7 milliards d’euros à ses actionnaires cette année, il a encore de quoi nourrir ses plus grandes ambitions. Une deuxième phrase en témoigne, dans laquelle Vivendi indique prévoir « une période d’investissements potentiellement élevés de deux ans, en 2016 et 2017 », précisant vouloir assurer le « développement à long terme du groupe dans le cadre d’une gestion rigoureuse des coûts ». L’avenir de Vivendi se joue sans aucun doute dès à présent et jour après jour, au fur et à mesure que Vincent Bolloré déroule la stratégie qu’il a échafaudée dans le plus grand secret.
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