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Doux ou l'exemple du redressement productif malgré les pouvoirs publics

Le volailler demande aujourd'hui une prolongation de sa période d'observation pour continuer à se redresser, et veut céder le contrôle au spécialiste du retournement, Didier Calmels. Un pied de nez à Mr Montebourg.
La saga Doux aura marqué, tout comme SeaFrance, Florange ou Petroplus, la première année de quinquennat de François Hollande. Des dossiers de restructuration difficile qui auront démontré l'incapacité du gouvernement à imposer des solutions clé en main, favorisant la préférence nationale quitte à faire intervenir le FSI (aujourd'hui la BPI) à fonds perdus. Dès le départ, la particularité du dossier du géant volailler tient à son tonitruant patron et actionnaire majoritaire, Charles Doux. Alors que le gouvernement Hollande fraîchement nommé, et plus particulièrement Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg, s'agitent devant et derrière les caméras pour lui obtenir une rallonge bancaire, le P-dg de Doux se rebelle et va en catimini déclarer la cessation de paiement au Tribunal de Commerce de Quimper, ouvrant une procédure judiciaire. Ce camouflet ne sera que le premier de toute une série, dès que les pouvoirs publics auront dans l'idée de trouver un schéma de sortie à la place des responsables judiciaires. Ainsi en a-t-il été lorsqu'il a vanté publiquement les mérites d'une solution française et avancé la candidature de Sofiprotéol -regroupant les intérêts de plusieurs acteurs- ce qui aboutissait à un véritable "dépeçage" du groupe. Charles Doux a alors fait bloc et rappelé à qui voulait l'entendre la priorité du plan de continuation de l'entreprise, qui a pour but de revenir à un résultat bénéficiaire et d'apurer le passif par là-même. Le Tribunal de Commerce de Quimper lui donnera finalement raison fin juillet 2012, puis prolongera par deux fois la période d'observation -en novembre 2012 et en février dernier- afin de mettre en place une solution pérenne. Or, même au cours de cette période, le gouvernement a réussi à mettre des bâtons dans les roues du redressement de Doux. Le groupe explore dans un premier temps une alliance avec Barclays, son principal créancier avec 140 millions d'euros, et le saoudien al-Munajeb. La banque britannique envisage alors de convertir la dette et de prendre 80% du capital. Mais l'énième effet de manche d'Arnaud Montebourg, qui affirme en février vouloir nationaliser ArcelorMittal et ne plus vouloir de la famille Mittal en France, refroidit instantanément les ardeurs de Barclays, et le projet échoue. Deuxième exemple d'un interventionnisme contre-productif des pouvoirs publics. Mais malgré ces multiples contre-temps, Doux est tout de même en mesure de présenter une première version de plan de continuation au Tribunal de Commerce, et surtout une solution capitalistique. Le spécialiste du retournement Didier Calmels, à la tête du fonds Développement & Partenariat, propose ainsi de racheter la créance de Barclays pour plusieurs dizaines de millions d'euros, obtenant ainsi deux tiers du capital tandis que la famille Doux et BNP Paribas en garderaient un tiers. L'homme compte des actionnaires de renom, comme Vincent Bolloré, Laurent Dassault ou Jean-Michel Aulas, et a déjà plusieurs succès à son actif, comme le redressement des sacs Le Tanneur, qui crédibilisent son intervention. D'autant que depuis la liquidation de son pôle frais -et la suppression de 1000 emplois-, Doux est sur la voix du redressement: il est à nouveau profitable et dispose d'une trésorerie de 15 millions d'euros. Et surtout le management a évolué, au profit de l'entrée du fils, Jean-Charles Doux. Une condition suspensive posée par le gouvernement avant toute injection de fonds publics. Un tour de table complémentaire, avec entrée de la BPI, serait une parfaite ironie de l'histoire.
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