Renault : quid de la participation de l'Etat ?
Le scandale Wolkswagen n’en a pas fini d’éclabousser la firme allemande mais aussi plus largement toute la filière automobile. Avant que les différentes enquêtes d’ores et déjà lancées ne donnent leurs premiers résultats, les parcours boursiers des constructeurs automobiles comme de leurs équipementiers sont assez chaotiques avec de fortes amplitudes de cours. Il en est ainsi de l’évolution du cours de Bourse de Renault qui, après avoir fondu dans la foulée des premières annonces de la direction de VW, s’est un peu repris ces derniers jours (il a regagné 5% la semaine passée).
Mais il a quand même perdu un large terrain par rapport à l’achat de la participation résiduelle de l’Etat (de 14 millions de titres, soit 4,73% du capital), en vue d’obtenir gain de cause au sujet des droits de vote double lors de l’AG du groupe dirigé par Carlos Ghosn. Ces achats, via un mécanisme optionnel, ont eu lieu en avril dernier, lorsque l’action valait environ 85 euros alors qu’elle en vaut aujourd’hui 65 euros (elle est même tombée à 62 euros le 28 septembre). Si l’Etat, lors de l’annonce de cette transaction a bien stipulé qu’il n’avait pas vocation à conserver longtemps ces titres, il n’en demeure pas moins toujours à la tête de ce bloc. Est-il « collé » pour autant ? Le niveau actuel de Renault traduit effectivement une perte de 30% par rapport au mois d’avril dernier.
Toutefois, il ne faut pas oublier que cette transaction a été élaborée via un mécanisme optionnel. L’Etat est ainsi protégé par des options de vente à prix fixe souscrites par l’APE et des options d’achat à prix fixe, également, souscrites par Deutsche Bank, pour une durée de 6 mois suivie d’une période de dénouement échelonnée. Les modalités du dénouement de ces options, en titres ou en numéraire, sont à la main de l’APE. Ce procédé permet ainsi à la manne publique-qui rappelons-le n’a pas l’obligation de vendre ses titres-soit de les livrer au fil de l’eau jusqu’au 28 décembre sur une base prédéfinie qui tourne autour d’une fourchette de 76/91 euros, soit de les conserver et d’obtenir de la part de DB un paiement en cash de la différence entre le cours actuel et la fourchette prédéfinie, selon le modèle des contrats de « cash settlement ».
Au final, l’APE est toutefois susceptible de perdre de l’argent si le cours de Bourse descend en dessous de la fourchette fixée, dans l’hypothèse où elle voudrait céder purement et simplement ses titres. Et là, plus l’action Renault baisse et plus la perte peut donc se révéler importante. Pour l’heure, l'APE est, en tous cas, toujours à la tête d’une participation de plus de 19,75% du capital, aucune déclaration de franchissement seuil n’étant intervenue. Le nouveau patron de l’Agence des participations de l’Etat, Martin Vial qui a pris la place de Régis Turrini cet été va-t-il avoir d’autres idées sur la pérennité de cette participation ? Les modalités du contrat optionnel lui laissent, en tous cas, le temps de réfléchir. Le solde de la participation (de 15,01% du capital) n’est, elle, pas concernée par le montage optionnel. Et tout recul du titre est directement impacté sur le portefeuille de l’Etat.
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