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Iran : le casse-tête pour les entreprises françaises

La sortie de Washington de l'accord avec l'Iran n'est pas une bonne nouvelle pour les fleurons français travaillant avec le pays puisqu'ils vont avoir l'épée de Damoclès de lourdes sanctions au dessus de la tête. Les plus impliqués trustent d'ailleurs le podiums des plus fortes baisses du CAC 40 en cette séance, toutefois, désertique.
ALD Automotive
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Hier soir, Donald Trump a donc annoncé que Washington allait rétablir pleinement les sanctions américaines contre Téhéran. Dès à présent, aucun nouveau contrat ne pourra être signé entre des intérêts américains et l'Iran. Pour les contrats existants, les sanctions seront rétablies à l'issue d’une période transitoire de 90 à 180 jours et viseront notamment le secteur pétrolier iranien ainsi que les transactions en dollar avec la banque centrale du pays.

Soit une très mauvaise nouvelle pour les majors français tels que Total, Airbus, Peugeot ou Renault, et toutes les entreprises de l'Hexagone ayant rétabli des liens commerciaux étroits avec l'Iran : l'an dernier les exportations françaises vers le pays ont atteint 1,5 milliard d'euros, contre 500 millions seulement en 2014. De quoi alarmer les groupes français donc, même si le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a déclaré ce matin que pour lui l’accord n’était pas encore mort. Plusieurs réunions avec les pays signataires de l’accord sont prévues dans les prochains jours.

Les deux constructeurs automobiles français sont, par exemple, très engagés sur le marché iranien, où le taux d'équipement automobile est encore très bas. Peugeot a ainsi signé début 2016 son grand retour en Iran, pays qu'il avait été contraint de quitter en 2012 sous l'injonction de son allié de l'époque, l'américain General Motors, qui exigeait que le Français applique l'embargo de Washington vis-à-vis de Téhéran. Une JV a été créée à cet effet avec le groupe iranien Iran Khodro, déjà partenaire du groupe français avant son départ forcé d'Iran. L'objectif est de produire à terme 200.000 véhicules par an en Iran, avec une production démarrée en 2017.

De son côté, Renault, resté présent sur le marché iranien malgré les sanctions, a signé en 2016 un accord stratégique pour accélérer le développement de ses ventes dans le pays, via un partenariat avec le fond d'investissement et de rénovation de l'industrie en Iran, et Parto Negin. L'objectif est de produire 150.000 véhicules par an dans un premier temps, ce qui s'ajoutera aux capacités existantes du groupe dans le pays de 200.000 véhicules.

Le tout sera de déterminer si les pays restés dans l’accord peuvent continuer à commercer avec l’Iran sans prendre le risque d’être poursuivis par la justice américaine. Sachant que le point névralgique tourne autour des transactions en dollars. C’est bien en raison de cet aspect que BNP Paribas s’est retrouvée confrontée à cette immense amende imposée par les Etats-Unis pour des transactions réalisées en dollars avec le Soudan. En développant des paiements en euros, cette épée de Damoclès pourrait-elle donc s'éloigner ? Pas si simple, selon un expert, puisque cette zone, dominée par le secteur pétrolier, travaille essentiellement en dollars.

Les deux constructeurs automobiles, tout comme Airbus sont d’ailleurs à la peine ce jour à la Bourse de Paris où ils trustent les plus fortes baisses : Peugeot lâche actuellement près de 2%, Renault 1,1% et Airbus 1%. Seul Total réussit à tirer son épingle du jeu en s’adjugeant un peu plus de 1%. Cette séance coincée entre deux jours fériés n’est, de toute façon, pas propice à une activité torride…A mi-journée, à peine 800 millions d’euros étaient échangés sur les valeurs du CAC 40.

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