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Naouri do Brasil

Les conseils de Casino ont démonté le projet de fusion de CBD avec Carrefour Brésil, de manière à dissuader les minoritaires de le soutenir.
Jean-Charles Naouri construit patiemment sa riposte à Abilio Diniz. On savait déjà qu'il estimait avoir les moyens légaux de mettre son veto au rapprochement entre Gama et CBD, puis CBD et Carrefour Brésil. Il avait pris une assurance supplémentaire en ramassant en bourse 10% de CBD pour monter à 43% du capital total. De quoi se rapprocher de la majorité en assemblée générale, si par extraordinaire les actions préférentielles sans droit de vote avaient été amenées à se prononcer. Pour assurer encore mieux ses arrières, Casino a demandé à ses quatre banques conseils, Santander, Goldman Sachs, Messier-Maris et Rothschild, et au cabinet Roland Berger de démonter le projet. Leurs conclusions, fortement négatives, ont conduit l'unanimité des administrateurs de Casino, à l'exception d'Abilio Diniz, à se prononcer contre la fusion. S'il était déjà clair que l'opération ne présentait aucun intérêt pour Casino, appelé à devenir un gros minoritaire du futur ensemble au profit de Carrefour, les conseils se sont attachés à souligner les conséquences négatives pour l'ensemble des actionnaires de CBD, notamment les minoritaires, détenteurs des actions cotées en bourse. Ils soulignent ainsi le doublement de la taille dans les hypermarchés, qualifié de secteur en déclin, et la part de marché dominante dans les régions de Sao Paulo et Rio de Janeiro, qui impliquerait des cessions d'actifs importantes. Ils en concluent que les synergies d'environ 3,2% du chiffre d'affaires du nouveau groupe, soit 800 millions d'euros, mises en avant par Diniz et qui avaient séduit les administrateurs de Carrefour, sont largement surévaluées. Les experts de Casino estiment que lors d'opérations comparables, le montant est plutôt de 1% du chiffre d'affaires, et que dans le cas de CBD-Carrefour il serait de 0,8%. Ils mettent aussi en doute l'intérêt de ne détenir que 50% du nouvel ensemble aux côtés de Carrefour qui le consolidera globalement, tout en ayant une participation minoritaire dans le groupe français. Diniz et Carrefour vont donc avoir fort à faire pour démontrer en détail que leurs chiffres de synergies tiennent la route et que le projet est bien créateur de valeur pour tous les actionnaires. Une démonstration d'autant plus nécessaire que, selon Reuters, le gouvernement brésilien aurait demandé à la BNDES de ne pas financer le projet en l'état, signifiant implicitement que ses termes doivent être modifiés.
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