Banques / Banque-assurance
Banques
Banque-assurance
Avalanche de nouvelles chez Axa
Lendemains d’élections présidentielles hyper actifs pour l’assureur Axa qui annonce ce matin un grand nombre de nouveautés "impactantes". Parmi celles-ci, la volonté de coter sur la place new-yorkaise ses activités américaines. « Une décision stratégique visant à créer davantage de flexibilité financière afin d’accélérer la transformation d’Axa », précise le groupe qui ajoute : « C’est aussi la possibilité de poursuivre la baisse de notre sensibilité aux risques financiers tout en renforçant notre capital économique ». L’occasion, en effet, de mettre en Bourse les métiers de l’assurance vie, l’épargne, la retraite et la participation du Groupe AXA dans AB (dont le Français détient 64%, AB étant un acteur mondial dans la gestion d’actifs avec 498 milliards de dollars sous gestion au 31 mars 2017).
L’opération est prévue dans le courant du premier semestre 2018. Au préalable, une dette d’environ un milliard de dollars due par la filiale américaine à sa maison mère sera convertie en fonds propres. Le produit de cette introduction sera réinvesti dans les segments cibles, et/ou potentiellement sous forme de retour de capital aux actionnaires selon les opportunités. Décision très importante qui en dit long sur la volonté du nouveau patron de l’assureur de redéployer de nouveaux moyens pour rendre plus agiles ses grandes filiales et récupérer du cash. Mais gare aux réactions parfois épidermiques des investisseurs américains.
Plusieurs Français partis à l’assaut de la manne de l’Oncle Sam s’en sont mordus les doigts, comme Casino à l’occasion de la cotation de sa division de e.commerce, opération qu’il a dû « ravaler » compte tenu de la disgrâce de l’action sur le Nasdaq. D’autres comme Criteo y ont trouvé, en revanche, un public convaincu et aligne les records boursiers de mois en mois. Tout dépendra, bien logiquement, des conditions de marché et de la valorisation qui sera faite de cette entité. Les Etats-Unis attirent, il est vrai, un nombre croissant d’entreprises françaises comme on a encore pu le voir ce matin avec les annonces de Legrand : le groupe de matériel électrique a mis la main sur deux nouvelles sociétés américaines en vue de continuer de se renforcer sur les segments à forte croissance de l'éclairage et des « data centers ».
Ce mercredi était aussi l’occasion pour Axa de détailler son activité trimestrielle. Les chiffres publiés sont légèrement inférieurs aux attentes des analystes. Le chiffre d'affaires s’inscrit en repli de 0,1% en publié à 31,6 milliards d'euros. Sur la période, les revenus ont progressé de près de 9% dans la gestion d'actifs et de 1,2% dans l'assurance dommages. Ils ont en revanche reculé de 1,4% dans l'assurance-vie, l'épargne et la retraite. En gestion d'actifs, la collecte réalisée chez Axa Investment Managers entre janvier et mars (3 milliards d’euros) a permis de compenser la perte d'un mandat de gestion institutionnelle chez AB.
La direction a parallèlement annoncé un programme de rachat d’actions afin d’annuler l’effet dilutif des différentes opérations de paiement en actions à destination des salariés. Sur la base du cours de clôture d'Axa mardi à 24,51 euros, ces rachats d'actions représenteraient un montant de près de 907 millions d'euros. Ils débuteront le 11 mai pour se terminer le 31 décembre 2017 au plus tard. Le groupe en a également profité pour confirmer ses objectifs financiers pour la période 2015-2020 : croissance moyenne du résultat opérationnel par action de 3% à 7% par an, fourchette cible du ratio de Solvabilité II entre 170% et 230%, capital cumulé remonté des filiales entre 24 et 27 milliards d’euros et rentabilité courante des capitaux propres entre 12% et 14%.
Enfin, côté gouvernance, la direction poursuit les annonces structurantes : elle officialise la nomination de Joyce Phillips en tant que directrice générale d’une nouvelle business unit dédiée à l’innovation client et aux nouveaux business models, et en tant que membre du comité de direction du Groupe AXA. Cette nomination prend effet aujourd'hui. Elle rapportera directement à Thomas Buberl, directeur général de l’assureur. Auparavant, Joyce Phillips était directrice générale de la division Gestion privée d'Australia & New Zealand Banking Group Limited (ANZ). Au cours de ses 25 années de carrière, elle a occupé différents postes à responsabilité à l’échelle régionale et internationale aux Etats-Unis, en Asie et en Australie. De 1997 à 2007, elle a exercé des fonctions de direction chez Citigroup à New York et Tokyo, notamment en tant que directrice de la banque de détail à l’international, avant de devenir présidente et directrice des opérations chez American Life Insurance Company (ALICO), une filiale d’American International Group (AIG). En 2009, elle rejoint Australia and New Zealand Banking Group Limited (ANZ) en tant que managing director, en charge de la stratégie, des fusions et acquisitions, du marketing et de l’innovation. Joyce est titulaire d’un MBA de la Stern School of Business de l’université de New York et parle couramment japonais. Elle a été nommée par le U.S. Banker parmi les « 25 Most Powerful Women in Banking and Finance » en 2006, 2007 et 2008, et a été reconnue comme l’une des « Top 100 Fintech leaders » en Asie en 2016.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

