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Pourquoi les républicains ont bloqué le pays

Si le défaut n'était pas une solution pour résoudre le problème des dépenses publiques, le GOP a du moins rappelé que leur contrôle était essentiel pour l'avenir économique du pays. Car l'endettement américain devrait atteindre plus de 110% du PIB d'ici deux ans, contre 60% fin 2007.
Le Sénat a donc finalement trouvé un accord in extremis pour éviter que la première puissance économique mondiale ne fasse défaut. Et permis au Trésor de relever le plafond de la dette jusqu'au 7 février prochain. Sachant que la loi validée hier par la Chambre des Représentants va autoriser le Trésor à utiliser des mesures exceptionnelles pour financer sa dette, ce qui devrait lui permettre de tenir jusque mi mars selon les prévisions. Certes, un défaut, même sélectif, aurait été une véritable catastrophe pour le pays, qui sort tout juste de récession ; puisque seulement deux semaines de shutdown devraient déjà coûter au pays 0,6 point de PIB sur le quatrième trimestre a averti S&P hier. Il reste que sur un point, les républicains ont vu juste : l'endettement du pays a explosé depuis 2008 et devra à tout prix être maîtrisé pour la stabilité économique américaine. Celui-ci devrait atteindre 105,6% du PIB cette année selon les prévisions de S&P contre 62,2% en 2007. Et, selon l'agence de notation, si aucune mesure n'est prise pour résorber le trou des finances publiques fédérales, ce ratio atteindra 112% en 2016 (contre 118% pour l'Italie la même année et 84,1% pour la France). " Le pays reste dans une situation très fragile et il est difficile de dire que le problème est résolu", explique Hugues Le Maire, directeur de Diamant Bleu Gestion. " La situation budgétaire américaine n'a rien à voir avec celle du dernier shutdown de 1996, où le plafond de la dette avait atteint 4900 milliards de dollars. Aujourd'hui il a dépassé les 17 000 milliards de dollars, " poursuit-il. Une évolution logique puisque les émissions de dette annuelles sont passées de 250 milliards de dollars en moyenne entre 1995 et 2007 à plus de 1000 milliards par an depuis 2008 (avec un pic à 1800 milliards en 2009). "Il faut tout de même rappeler que le pays a fait de gros efforts pour réduire son déficit", explique un gérant. Celui-ci est passé de 10% du PIB en 2012 à 4% environ prévus pour 2013. "Les républicains ont raison d'être vigilants, mais pas d'être inquiets". Quoi qu'il en soit, le problème de la dette n'est pas encore réglé, et le compromis trouvé in extremis ne fait donc que repousser le problème de la dette de quelques mois. Et il y a peu de chance pour que les républicains changent d'avis d'ici là. Leur objectif : réduire les dépenses de l'Etat, qui ont atteint 6500 milliards de dollars sur l'année fiscale 2013 selon le site usgovermentspending. Deux options pourraient permettre de débloquer les tensions politiques d'ici le début d'année prochaine, mais elles sont très peu probables estiment les analystes. D'une part, que le comité chargé de proposer un compromis bipartite parvienne à s'entendre sur un texte d'ici janvier. Mais selon Inna Mufteeva, analyste chez Natixis, " ce type de comité n'est jamais parvenu à un accord ". Dernier exemple en date, l'échec du super comité au moment du fiscal cliff. Autre option, une prise de leadership des républicains modérés qui permettrait de " faire taire l'aile conservatrice du parti ", explique encore l'analyste. Vu l'incertitude politique et fiscale des prochains mois donc, la majorité des analystes table désormais pour un début de tapering en janvier prochain. Le temps que Bernanke et sa remplaçante prennent connaissance des dégats des deux semaines de shutdwon sur l'économie et de l'ampleur du blocage politique.
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