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Sur les marchés
Les entreprises françaises en alerte vis-à-vis des activistes
On attendait les fonds activistes dès l’an dernier, force est de constater qu’on ne les a pas tellement vus en 2015 et qu’ils pourraient davantage faire entendre leur voix en 2016, si l’on en croit des financiers avertis. Le contexte est, certes, favorable, les incertitudes macro-économiques actuelles affaiblissant certains groupes, susceptibles d’être critiqués pour leurs choix stratégiques et leur management. C’est ce que qu’a vécu dramatiquement Casino à la fin de l’année dernière, lorsque le fonds américain Muddy Waters qui reprochait au distributeur français une construction opaque dotée d’un endettement bien trop important, en a profité pour « shorter » le titre et lui faire subir une terrible chute boursière. Attaque d’autant plus douloureuse que pour suivre le mouvement, l’agence de notation Standard & Poor’s en a remis une louche en remettant en question la note du groupe dirigé par Jean-Charles Naouri.
Cette façon de procéder n’est pas sans donner des frissons à nombre d’entreprises, puisqu’il suffit qu’un fonds activiste ait envie de dénigrer officiellement une société cotée et qu’elle annonce « shorter » la valeur pour qu’elle ne soit pas réprimandée par le gendarme de la Bourse. Du moins peut-on le lire comme tel à ce jour, puisque l’AMF, alertée sur le sujet, n’a pas émis d’avis négatif ni de sanction particulière vis-à-vis dudit fonds.
Les grandes sociétés françaises ont bien conscience de ces risques et nombre d’entre elles ont d’ailleurs décidé de prendre leurs précautions en élaborant avec leur banque conseil des stratégies de ripostes en cas d’attaques de ce genre. Car pour répondre efficacement à ce type de fronde, il faut y être préparé. C’est ce que préconise, par exemple, BNP Paribas qui a mis au point une offre spécifique pour préparer ses clients aux attaques d’activistes. Et ce, en utilisant les services de toutes ses filiales, à commencer par ceux d’Exane ou de BNP Paribas Securities Services (BPSS) pour pouvoir identifier l’identité des différents actionnaires, mettre en place des stratégies de réponses, préparer en amont les assemblées générales, les demandes des proxi.
Une démarche qui trouve, en outre, toute sa légitimité à l’heure où l’on voit refleurir les OPA hostiles, ou du moins « non sollicitées », comme on les appelle aujourd’hui. L’assaut de Vivendi sur les deux sociétés cotées de la famille Guillemot, à savoir sur Gameloft et Ubisoft, en est l’exemple type.
A voir maintenant si d’autres fonds activistes vont rapidement se faire entendre. La période des assemblées générales des actionnaires approche. Elle devrait assurément donner l’occasion à certains d’entre eux d’entrer en action.
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