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La résurrection de Perfectis
Le fonds de private equity filiale d'Euler Hermès, qui avait arrêté d'investir faute d'avoir réussi à lever des fonds, est vendu à HLD, le fonds de Jean-Bernard Lafonta. Preuve que le private equity sait renaître de ses cendres.
Les maisons de private equity sont des phenix en sommeil. Les premières opérations de reprise de fonds en difficultés par des concurrents montrent bien que, si les scénarios catastrophes anticipaient la disparition de près de 30% des sociétés de gestion, la réalité est pour l'instant toute autre. Une nouvelle preuve vient d'en être faite avec la reprise de Perfectis Private Equity, filiale d'Euler Hermès, par le fonds de Jean-Bernard Lafonta, HLD.
Le parcours de Perfectis PE, focalisé sur les entreprises small caps, est assez classique pour un fonds sponsorisé par un assureur. La société de gestion, créée en 2000 par deux anciens de 3i, lève rapidement un fonds de 80 millions d'euros, puis un deuxième de 122 millions d'euros en 2006. La rotation des actifs étant particulièrement rapide à cette époque-là, le fonds se voit obligé de repartir à la conquête des investisseurs fin 2008, en pleine crise financière post-Lehman Brothers. Le coup de grâce est porté lorsqu'Euler Hermès, qui sponsorisait jusqu'à présent sa filiale à hauteur de 20% de ses actifs sous gestion, décide de se désengager en raison des nouvelles contraintes réglementaires qui se rapprochent. Privée de son label, la petite équipe de private equity se retrouve alors dans l'impossibilité de lever un nouveau véhicule, et en est réduite à gérer ses fonds existants.
Quelque trois ans plus tard, c'est donc une forme de résurrection: HLD est un repreneur de renom, lancé par l'ex-patron de Wendel et dans lequel ont abondé Claude Bébéar, Norbert Dentressangle, les familles Decaux ou encore Ricard. Doté d'un capital proche des 100 millions d'euros, ce dernier a également le bras assez long pour donner un coup de pouce financier à sa nouvelle filiale pour qu'elle se lance. Désormais rattaché à un actionnaire réputé, fiable et de long terme, Perfectis PE envisage de lancer une nouvelle collecte dans les six à douze mois, et ambitionne de lever une centaine de millions d'euros. Ses performances passées, notamment une plus-value potentielle de plus de 10% pour son deuxième véhicule, géré en plein coeur de la crise, devraient être un argument supplémentaire pour convaincre les LPs.
Du côté de HLD, l'opération représente l'opportunité d'intégrer, à moindres frais, une équipe reconnue dans le microcosme du private equity parisien, dont le métier est complémentaire au sien. Car si Perfectis lève des fonds qui investissent sur une période de cinq à sept ans, puis doivent liquider leurs participations small caps, HLD est orienté, grâce à sa base d'investisseurs composée d'entrepreneurs célèbres, sur le long terme. Il s'est positionné plutôt en capital développement, avec deux premiers dossiers bouclés en deux ans d'existence: un investissement dans les laboratoires Filorga puis dans la chaîne de fleurs Interflora.
Jean-Bernard Lafonta, accompagné de ses deux associés, Jean-Philippe Hecketsweiler et Philippe Donnet, a trop bien connu les défauts d'un Wendel pour savoir qu'il faut diversifier ses activités et ne pas entrer dans une course à la taille du LBO lorsque le crédit coule à flots, car celui-ci n'est qu'éphémère. Eurazeo l'a bien compris, qui a retiré OFI Private Equity de la cote pour lancer Eurazeo PME. En filigrane se dessine donc une consolidation du marché du private equity, où les plus solides confirmeront leur leadership en étendant leurs compétences... Et où les plus fragiles gagneront le droit à une deuxième chance.
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