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La sincérité du Crédit Agricole fait recette

La banque verte devrait essuyer une forte perte au titre de 2012, après avoir décidé de passer ses comptes à la paille de fer en dépréciant ses écarts d'acquisition à hauteur de 2,67 milliards d'euros.
Faute avouée, à moitié pardonnée. Cet adage s'applique aussi en bourse, si l'on se réfère à la bonne tenue du titre Crédit Agricole depuis le début de cette matinée, qui s'annonçait agitée. Puisque la banque verte a annoncé ce matin, dès potron-minet, qu'elle allait procéder à l'enregistrement au dernier trimestre de dépréciations d'écarts d'acquisition massives à hauteur de 2,67 milliards d'euros, avec un impact équivalent sur son résultat. Or comme Crédit Agricole SA affichait déjà une perte nette de 2,48 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, la banque devrait afficher entre 5 et 6 milliards de pertes pour l'ensemble de l'exercice 2012. Tout dépendra de l'exploitation au cours des trois derniers mois de l'année. Bien sûr, il y a eu quelques soubresauts sur le titre hier. Il reste que l'action a plus que doublé au cours des six derniers mois. Notamment depuis que sous l'impulsion de Xavier Musca, le Crédit Agricole a fait table rase de sa présence en Grèce. Dans les salles de marché et auprès des analystes financiers, le Crédit Agricole supportait depuis des mois ce lourd handicap de porter à son bilan plus de 17 milliards d'euros d'écarts d'acquisition liés à sa politique d'expansion internationale tous azimuts menée entre 2001 et 2007. C'est le cas par exemple des 20,2 % détenus au capital de la banque portugaise BES, à hauteur de 267 millions d'euros. Si ces écritures n'affolent pas davantage les boursiers, c'est d'abord parce qu'en agissant ainsi, le Crédit Agricole met son bilan au diapason de la réalité économique et financière. Un effort de sincérité qui est toujours apprécié. C'est aussi parce que les dépréciations d'écarts d'acquisition n'ont pas d'impact sur les réserves de liquidités du groupe, pas plus que sur les ratios de fonds propres. Certes, l'effet "paille de fer" ne s'arrête pas là. D'autres éléments non opérationnels vont peser sur le quatrième trimestre 2012. En premier lieu, la réévaluation de la dette due à l'amélioration de ses conditions de refinancement constatées au cours du trimestre, qui aura un impact négatif sur le produit net bancaire de l'ordre de 550 millions d'euros sur le résultat net. S'y ajoutent une charge d'impôt d'environ 130 millions d'euros (taxe exceptionnelle de 7% sur la réserve de capitalisation des compagnies d'assurance) et enfin la dépréciation de la valeur des titres de la SAS Rue La Boétie annoncée la semaine dernière, qui aura un impact négatif de 160 millions d'euros sur les comptes de CASA. Après ce grand ménage comptable, l'exercice 2013 ne peut que réserver de bonnes surprises. C'est manifestement ce qu'anticipent les investisseurs.
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