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Wendel, une "rising star" en devenir
Après de longues années de vaches maigres, Wendel a enfin mangé son pain noir. Hier, l’agence de notation a salué les efforts d’assainissement financier da la holding d’investissement cotée et a fait remonter sa note d’un cran à BBB-, avec une perspective stable. Près de six ans après avoir été dégradé comme « fallen angel », il est revenu en catégorie investissement et peut désormais être qualifié de « rising star ». Il faut dire que le groupe emmené par Frédéric Lemoine a multiplié les annonces positives ces derniers mois, à commencer par la vente de 4,6% du capital de Saint-Gobain en mai, qui va lui rapporter pas moins d’1 milliard d’euros d’argent frais.
Le management était assez confiant sur son retour en grâce auprès des agences de notation dans la mesure où il a réalisé un certain nombre de mesures pour y parvenir. Tout d‘abord, après les déboires de ses participations cotées pendant la crise de l’après-Lehman, Wendel a cherché à rééquilibrer son portefeuille en y intégrant davantage de participations non cotées, moins volatiles. Les actifs non cotés représentent ainsi 21% de la valeur de son actif brut, contre seulement 10% il y a deux ans, et il tend vers une répartition à 75%-25%. Lui qui était trop exposé à des valeurs cycliques, notamment la construction avec Saint-Gobain et Materis, a également su se diversifier et a ainsi investi dans la location longue durée de véhicules avec Parcours, les équipements de boulangerie industrielle avec Mecatherm ou encore les tours télécoms en Afrique avec IHS.
Au plan financier, Wendel s’est également attelé à l’optimisation de ses comptes, notent les analystes de Natixis. Il a stabilisé ses besoins en cash flows, notamment grâce aux hausses de dividendes chez Bureau Veritas et Saint-Gobain. Et a bien sûr bénéficié des conditions idéales de financement en réduisant d’au moins 50 pb le coût de sa dette. Par ailleurs, Wendel affiche un ratio loan-to-value particulièrement attractif de 25%, qui devrait monter vers 30% d’ici 12 à 18 mois, lorsque le groupe aura réalisé ses investissements en Amérique et en Europe.
Car Wendel a de sérieux projets de rotation du portefeuille dans le pipeline : sa prochaine cession sera celle de Chryso, la division peintures de Materis, dont la valorisation est estimée à 450 millions d’euros. Et s’il compte ralentir les dépenses en Afrique, avec 400 millions d’euros prévus chez IHS et Saham, il devrait plutôt réinvestir en Amérique du Nord et en build-up avec Mecatherm. Pour toutes ces raisons, Natixis voit le titre, qui a déjà quintuplé depuis son point bas de mars 2009, gagner encore 35% à 134 euros, proche de son record historique, à l’été 2007.
Un sort que l’on pourrait souhaiter à d’autres de ces « anges déchus », qui évoluent encore en catégorie spéculative mais ont déjà bien redressé la barre depuis la crise. Standard & Poor's a surclassé 12 corporates en investment grade depuis le début de l’année, dont deux en Europe: le danois ISS, entré en Bourse à Copenhague, et le britannique Daily Mail & General Trust. Mais trois français sont notés BB+ avec perspective positive, et sont donc dans les starting-blocks pour devenir des “étoiles montantes”: Tereos (694 millions d’euros de dette notée), Lafarge (13,7 milliards d’euros) et Renault (20,2 milliards d’euros). S’il y parvenait, le constructeur automobile deviendrait le plus gros corporate français à revenir dans les tablettes de S&P, devant Vivendi et ses 19,9 milliards d’euros en 2004.
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