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Professions financières / Corporate finance

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Il manque un tiers des besoins en fonds propres des PME françaises!

Les statistiques semestrielles de l'Afic sur le capital-investissement en France sont biaisées par les chiffres d'Ardian. La BPI tente d'apporter une réponse, alors que le PLF prévoit pourtant une nouvelle retenue à la source.
Le ton était volontairement alarmiste dans les locaux de l'Association Française des Investisseurs en Capital ce matin, lors de la présentation de l'activité du métier au premier semestre. Certes, les chiffres des levées de fonds sont meilleurs que l'an passé, mais sont totalement biaisés par les chiffres d'Ardian, qui représente plus de la moitié des 3,6 milliards d'euros collectés au premier semestre en France. Ainsi, c'est la raison pour laquelle quatre véhicules supérieurs à 200 millions d'euros contribuent pour 63% des montants levés. Et ce chiffre est somme toute encore bien loin des 11 milliards d'euros de besoins en fonds propres annuels des PME, selon les estimations. Le phénomène Ardian a également impacté le poids des assureurs parmi les différents types de souscripteurs, puisqu'Axa s'est engagé à continuer à contribuer significativement aux fonds d'Ardian. Preuve qu'il ne s'agit pas d'un mouvement de fond: la part des banques est quant à elle en chute libre, à 178 millions d'euros. Les personnes physiques et family offices ont pris le relais (767 millions d'euros), grâce au recul partiel du gouvernement sur la taxe sur les plus-values l'an dernier. Enfin, les entités du secteur public, où figurent la BPI et consorts, ont apporté 480 millions d'euros au premier semestre, mais cela reste bie maigre au regard des besoins de la classe d'actifs. Du côté des investissements, la menace est celle de la disparition du fameux modèle de "capillarité" du private equity français, car si les montants sont en légère hausse sur un an (2,6 milliards d'euros, contre 2,3 milliards au premier semestre 2012), le nombre d'entreprises soutenues chute de 8%. Plus inquiétant encore, sur ce chiffre seulement 40% des dossiers concernent de nouvelles entreprises, les autres étant des réinvestissements dans des participations. Le véritable déficit se situe du côté du capital- développement, où l'enveloppe d'investissement a baissé de 30% sur les six premiers mois. Louis Godron, patron de l'Afic, est formel: de moins en moins de fonds gardent des capitaux et une capacité à investir. Les chiffres sont édifiants: en début d'année, 40% des sociétés de gestion actives en France avaient moins de 9% de capitaux disponibles à investir, et 40% en avaient moins de 30%, et seront donc inactives d'ici un à deux ans si elles ne parviennent pas à lever de nouveaux fonds. Or, la sélection se fait de façon de plus en plus prégnante entre ceux qui arrivent à attirer des capitaux étrangers: les cinq fonds, dont ceux d'Ardian, qui ont été levés pour plus de la moitié hors de l'Hexagone, atteignent en moyenne 396 millions d'euros, contre 19 millions d'euros pour les 54 véhicules franco-français. Ceux qui n'arrivent pas à s'adapter risquent de disparaître ou d'être repris par des structures anglo-saxonnes. Mais voulons-nous connaître le sort des cabinets d'avocats d'affaires? Le différentiel est aujourd'hui frappant entre la France et les Etats-Unis, qui ont financé 9,4 milliards de dollars en capital-innovation sur les six premiers mois de l'année, contre 270 millions d'euros ici! Les start-up financées représentent désormais 10% de l'emploi outre-Atlantique, ce qui montre bien que nous perdons de précieux points de croissance par notre passivité, souligne Louis Godron. Pire, le gouvernement s'apprête à planter un poignard dans le dos du private equity: à la lecture du projet de loi de finance 2014, une retenue à la source de 30% serait imposée sur toutes les distributions faites à des investisseurs étrangers. Cette nouveauté fiscale, qui n'existe dans aucun autre pays, pourrait contrevenir au principe d'égalité entre investisseurs et même aux textes européens. Elle serait par ailleurs totalement inefficace car les fonds, tout en restant en France, créeraient leurs véhicules à l'étranger. Il n'y a qu'à espérer une "bourde" du gouvernement, bientôt rectifiée. Après les publications des rapports Gallois et Berger, qui parmi d'autres ont insisté sur l'importance de réallouer la manne de l'épargne française vers les PME, l'heure de vérité a sonné pour le private equity français, et la balle est désormais dans le camp du gouvernement.
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