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EDF pousse ses pions en Grande Bretagne
La nouvelle est pratiquement passée inaperçue, elle est pourtant d’importance pour EDF : la Commission européenne s'apprête à donner son feu vert à la construction par la Grande-Bretagne d'une nouvelle centrale nucléaire à Hinkley Point, un projet de 19 milliards d'euros confié au français EDF, comme vient de le révéler Reuters. Ce projet, situé dans le sud-ouest de l'Angleterre, est très important pour le Royaume-Uni, qui veut renouveler 20% de son parc de réacteurs nucléaires au cours de la décennie à venir, comme pour la France, qui voit dans le projet d'Hinkley Point l'occasion d'exporter ses technologies nucléaires. "On peut s'attendre à une décision favorable dans les prochaines semaines. L'intention est d'aller de l'avant", a déclaré l'une des sources de Reuters.
Une bonne nouvelle pour l’énergéticien français qui a subi, cet été, des déconvenues sur le sol britannique. Sa filiale EDF Energy a effectivement annoncé, à la mi-août, la suspension de quatre réacteurs nucléaires dans le nord de l'Angleterre, représentant le quart de sa capacité de génération en Grande-Bretagne. Elle a pris cette décision inhabituelle après avoir détecté une défaillance technique dans l'une de ses chaudières. Le problème a initialement été découvert l'an dernier dans sa centrale de Heysham, au nord-ouest de l'Angleterre. Une inspection de routine aux ultrasons a révélé un « résultat inattendu » dans l'une des huit chaudières du réacteur. Celui-ci a repris du service au début de l'année, à puissance réduite, mais EDF Energy a décidé de mener de plus amples tests. Débutés en juin, ceux-ci ont « confirmé la présence d'un défaut ». Deux de ces réacteurs devraient reprendre leur activité entre la fin octobre et la fin décembre.Quoi qu’il en soit, Henri Proglio peut se féliciter d’avoir poussé ses pions de l’autre côté de la Tamise. Profitant de la volonté de David Cameron de diminuer les émissions de C02 et donc de favoriser la production d’énergie nucléaire, EDF est en pointe sur ce pays et vient confirmer les ambitions du français dans le nucléaire. De quoi rassurer le numéro un du groupe dont le mandat arrive à échéance en novembre prochain. L’intéressé ne cache pas son ambition d’être reconduit et a d’ailleurs récemment insisté sur les performances enregistrées par l’entreprise depuis cinq ans (les derniers résultats semestriels se sont révélés d’excellente facture), sur la solidité de son modèle et sur l’importance de rester sur la même trajectoire. L’Etat, actionnaire à hauteur de 84% d’EDF sera seul décisionnaire. Il aura, de toutes façons à cœur de choisir la solution la plus fructueuse pour lui, l’énergéticien lui procurant le plus gros dividende de toutes ses participations. Dans sa recherche de fonds susceptibles de venir combler le déficit, la manne publique pourrait aussi vendre un paquet de titres EDF, sans descendre toutefois sous la barre légale des 70%. EDF compte d’ailleurs depuis peu un nouveau membre en qualité de représentant de l’Etat en la personne de Régis Turrini qui vient de remplacer David Azéma, attiré par les sirènes bancaires.
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