Les incroyables surprises boursières de 2013
Si les bonnes nouvelles se font rares ces derniers temps en France, la Bourse, elle, a réservé de belles surprises cette année. Parmi les principaux paradoxes : la surperformance des équipementiers automobiles, de constructeurs tels que Peugeot ; l'excellent parcours d'Alcatel Lucent ou de NextRadio TV.
Nouvelle année assez paradoxale à la Bourse de Paris où, malgré une série de nouvelles plutôt anxiogènes, le CAC 40 s'est résolument inscrit dans le vert au fil des mois. Pour la plupart des analystes, ce mouvement n'est certes pas vraiment étonnant compte tenu de la faible valorisation de certaines sociétés et des efforts qu'elles ont consentis à l'international. Et ce, dans un contexte de refinancement de leur endettement assez favorable compte tenu de la faiblesse des taux d'intérêt et de la volonté des banques d'accompagner les meilleurs élèves.
Cette année 2013 a pourtant été riche en paradoxes en tous genres. A commencer par l'excellente performance d'un secteur qui cumule pourtant toutes les lacunes : celui des équipementiers automobiles. Dans un contexte particulièrement difficile pour tous les constructeurs automobiles mondiaux, confrontés à une baisse du marché européen mais aussi un ralentissement de l'eldorado chinois, Plastic Omnium, Faurecia, Valéo et Montupet se placent, en effet, en tête des palmarès annuels dans leur catégorie. Avec des hausses à faire pâlir d'envie les pépites les plus prometteuses : +167% depuis le 1er janvier pour Plastic Omnium, + 137% pour Faurecia, + 114% pour Valéo, +...300% pour Montupet. L'actualité de ce dernier, spécialisé dans la conception de produits moulés en alliage d'aluminium pour l'automobile, a effectivement de quoi redonner un peu de baume au coeur de ceux qui ont pris l'habitude de broyer du noir. Il a récemment dévoilé un chiffre d'affaires trimestriel en progression de plus de 5% sur celui de 2012. Il a également indiqué que le résultat opérationnel du troisième trimestre 2013 se présentait en très forte amélioration sur le précédent, performance due aux améliorations techniques et organisationnelles des sites français qui, très déficitaires jusqu'ici, sont repassés au-dessus du point mort, ainsi qu'à la hausse de 23% du chiffre d'affaires de Montupet UK. Du coup, le titre vient d'être admis parmi les valeurs SRD "long", permettant aux investisseurs de l'acquérir à découvert. Ce qui, logiquement, devrait encore plus favoriser le groupe.
Les autres équipementiers présentent, en fait, le même profil : ils ont tous fait d'énormes efforts d'innovation tout en privilégiant la maîtrise de leurs coûts et l'export. C'est le cas de Plastic Omnium qui profite aujourd'hui de son implantation réussie en Chine, mais aussi de Valéo, chaleureusement recommandé par les cabinets d'analystes. C'est notamment le cas de CM-CIC qui considère que malgré le doublement du cours depuis janvier, il n'est pas trop tard pour "jouer" Valeo en visant une forte croissance des volumes et du résultat opérationnel courant. Ils viennent ainsi de réviser leur objectif de cours le faisant passer de 74 à 90 euros. Quant à Faurecia, le groupe bénéficie non seulement des éléments déjà cités mais d'un indéniable aspect spéculatif compte tenu des difficultés de son actionnaire de référence PSA qui ne fait plus un mystère qu'il sera sans doute contraint de monnayer cette participation. Celle-ci vient d'être ramenée à 51,7% à l'issue de la conversion en actions d'une émission d'obligations convertibles.
Autres paradoxes de ce millésime sur le point de laisser place au suivant : la performance plus qu'honorable de Peugeot qui se bat pourtant pour sa survie. L'action affiche encore un gain de...73% malgré le coup de grisou de ces dernières semaines. La sortie brutale de GM, la perspective d'une augmentation de capital réservée au chinois Dongfeng et à l'Etat Français sur la base supposée de 7 euros ont certes fait perdre au constructeur français la bagatelle d'un milliard d'euros de capitalisation boursière en l'espace de deux jours. Mais la firme a toutefois réussi à maintenir l'avance qu'elle avait accumulée depuis le début de l'année et ce, compte tenu du retour des investisseurs sur les valeurs cycliques. Un pari audacieux qui s'avère finalement plutôt concluant pour ceux qui ont osé maintenir leur position tout au long de l'année. A voir, si les prochains événements permettront au groupe, dorénavant entre les mains de Carlos Tavarès, ex numéro deux de Renault, de continuer sur cette lancée.
Au chapitre des surprises de l'année, on peut aussi relever celle de l'excellent parcours boursier d'Alcatel Lucent qui avec un gain de...226% arrive largement en tête des plus fortes hausses du CAC 40 qu'elle vient, en effet, de réintégrer après un peu plus d'un an de purgatoire. Là encore un résultat que bien peu de spécialistes auraient été tentés de pronostiquer fin 2012. Mais la reprise en main en début d'année par Michel Combes et ses partis pris stratégiques avec à la clef un important plan d'allègement des effectifs ont séduit les marchés. Le retour dans l'indice phare parisien devrait d'ailleurs lui permettre de poursuivre sur cet élan.
Autre surprise de taille : la performance de NextRadio TV qui s'adjuge 72,5%. Là encore, le secteur des médias est pourtant loin d'être florissant et bien peu d'investisseurs sont habituellement prêts à mettre un euro dans cette activité gourmande en capitaux et très pingre en rendements. Le groupe dirigé par Alain Weill multiplie cependant les bonnes nouvelles depuis plusieurs mois. Aussi au niveau de l'audience de ses chaînes télé (BFM TV) et de radio (RMC) que de son chiffre d'affaires et de ses niveaux de marge. D'où les révisions à la hausse de plusieurs bureaux d'analyses comme Gilbert Dupont qui anticipe d'ores et déjà une belle activité au quatrième trimestre avec une forte amélioration des marges dès 2014 grâce à une actualité politique et sportive dense. Il vise 22 euros (pour un cours actuel de 21 euros).
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