Macro-économie / Taux / Fonds d'investissement / Sur les marchés
Macro-économie / Taux
Fonds d'investissement / Sur les marchés
Le fonds norvégien affecté par le chahut boursier de février
Le fonds souverain a été largement affecté par les turpitudes boursières du mois de février aux Etats-Unis, lorsque le Dow Jones a chuté de près de 10% en quelques jours, en raison des craintes des marchés sur un resserrement monétaire plus rapide qu'anticipé. Le Governement Pension Fund a ainsi affiché un rendement négatif pour le premier trimestre, de -1,5%, en grande partie causé par la sous-performance de sa poche actions, qui a affiché un retour de -2,2% et et -2%, sur la partie actions américaines en particulier. Or les actifs américains représentent 36,31% du portefeuille du fonds, soit le premier marché au sein du fonds norvégien.
"Le rendement du fonds a été impacté par une plus grande volatilité des marchés et par un contexte d'incertitudes mondial important", souligne ainsi le rapport trimestriel du puissant investisseur souverain. La partie actions Europe n'a pas fait tellement mieux au premier trimestre, affichant un rendement de -3%, dont -4% pour les actions britanniques premier pays européen dans lequel le fonds est investi. Seuls les marchés émergents ont performé dans le vert le trimestre dernier, avec un rendement de 0,6 et de 0,3% pour les actions chinoises notamment, qui n'a pas permis de compenser la baisse des placements du fonds sur les marchés développés.
D'un point de vue sectoriel, ce sont les nouvelles technologies qui ont le mieux performé, à hauteur de 1,4%, sachant que trois des quatre plus grosses participations en actions du fonds appartiennent à ce secteur (Apple, Microsoft et Alphabet). Amazon et Microsoft sont les deux participations qui ont offert le meilleur rendement le trimestre dernier, contrairement à Facebook, le cours de l'entreprise ayant plongé en raison des différents scandales liés à la protection des données des utilisateurs, souligne le fonds norvégien.
Côté immobilier, les résultats sont en revanche plutôt bons, avec un rendement de 2,5% entre janvier et fin mars, même si le secteur ne représente que 2,7% du portefeuille global du fonds. Le rapport précise que le GPF s'est débarrassé de deux de ses biens immobiliers à Paris, en février tout d'abord avec la vente de bureaux rue de Verdun pour 63,3 millions d'euros, puis en mars, avec des immeubles à Meudon, dont le fond a tiré 128 millions d'euros.
Les résultats quelque peu décevants du fonds norvégien (la partie fixed income a également affiché un rendement négatif ce trimestre) devraient l'inciter à revenir à la charge auprès du ministère des Finances de son pays, pour obtenir le droit d'investir dans le private equity, qui offre depuis plusieurs mois de très beaux rendements. Il y a une dizaine de jours, le ministère norvégien a rejeté la requête du fonds, au motif que le secteur n'était pas assez transparent. "Nous pensons que des investissements dans des actions non cotées poseraient un défi aux caractéristiques clé du modèle de gestion actuel, comme des coûts de gestion des actifs peu élevés, un suivi étroit du portefeuille et un haut degré de transparence", a-t-il écrit pour justifier son refus. Le fonds devrait tout faire pour le faire changer d'avis, le but in fine du puissant véhicule de plus de 1.000 milliards de dollars, étant de constituer une réserve pour le pays et diversifier de ses revenus pétroliers. Le rendement est donc un critère essentiel pour les placements du GPF, qui justifierait pour le fonds de placer une partie des billes dans cette classe d'actifs alternatifs.Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

