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Paris va-t-elle remporter la candidature pour le siège de l'EBA ?
La bataille que se livrent les principales places financières européennes pour récupérer post-Brexit le siège de l'autorité bancaire européenne, actuellement basé à Londres, devrait s'intensifier dans les prochaines semaines. Vendredi, la Commission européenne a publié ses premières évaluations concernant les dossiers de candidature déposés fin juillet et devrait discuter avec les différentes villes dans les prochaines semaines, avant que les 27 Etats ne se prononcent par vote le 20 novembre prochain. Paris espère bien tirer son épingle du jeu, même si elle est en compétition avec sept autres places : Bruxelles, Dublin, Francfort, Luxembourg, Prague, Vienne et Varsovie.
Le secrétaire d'Etat Benjamin Griveaux, qui s'est déjà rendu mi-septembre à Londres pour vanter les mérites de la place financière de Paris et rencontrer à l'occasion Isabelle Vaillant, directrice de la réglementation de l'Autorité bancaire européenne (EBA), devrait se rendre mercredi à Copenhague, toujours pour soutenir la candidature de Paris. Mais la course risque d'être serrée, étant donné le compte rendu de la Commission dévoilé en fin de semaine dernière. Car chaque ville devait remplir plusieurs critères pour que sa candidature soit retenue, et selon le tableau détaillé de Bruxelles, Paris n'a pas donné suffisamment de détails sur certains sujets.
Ainsi, les villes devaient tout d'abord prouver qu'elles disposaient de locaux suffisamment grands et disponibles dès la date de sortie de la Grande-Bretagne. Paris a proposé deux sites différents, l'un basé dans le centre ville et l'autre à la Défense et qui devraient être disponibles pour un déménagement dès la seconde partie de l'année 2018. "Le dossier présenté par Paris indique que les deux bâtiments seront prêts et rempliront les conditions établies par l'EBA, sans pour autant donner plus de détails sur les critères individuels établis par Bruxelles", précise ainsi le tableau de la Commission. Il faut dire que la précision des critères demandés est assez exigeante, allant de la taille des salles de meeting, à la salle photocopieuse ou aux mesures pour garantir la sécurité physique des employés de l'EBA !
Deuxième critère cité par la Commission : l'accessibilité des bureaux en termes de transports et la possibilité d'hébergements des villes. De ce point de vue, Paris coche bien les cases, puisque les aéroports de la capitale permettent de relier par des vols directs 21 des 27 capitales européennes et propose 87 000 chambres d'hôtels trois étoiles, précise le document de la Commission.
Autre critère important et où Paris est moins bien située que Francfort par exemple, l'offre d'écoles bilingues ou multilingues pour les enfants des employés de l'EBA : "la candidature de Paris précise qu'elle dispose de 38 000 places de crèches et d'écoles sans spécifier les offres linguistiques disponibles et combien de places sont disponibles dans des écoles bilingues", souligne Bruxelles. Paris s'engage en revanche à garantir un accès aux soins pour les familles des employés de l'EBA et la Commission souligne l'accès à 15 hôpitaux proches des deux potentiels lieux choisis pour établir le siège de l'autorité et que bon nombre de médecins parlent différentes langues européennes.
Enfin, Paris remplit toutes les cases concernant le critère "poursuite du business", qui concerne la capacité de la ville choisie à fournir une main d'oeuvre hautement qualifiée dans le secteur de la finance, au cas où certains employés de l'EBA à Londres ne souhaiteraient pas déménager à Paris. La capitale française vante par ailleurs sa proximité avec Londres via l'Eurostar qui devrait permettre de faciliter la transition. La Commission relève également cet avantage de Paris.
Malgré ces nombreux avantages et le fait que l'évaluation globale de Bruxelles quant à la candidature de Paris est clairement positive, la capitale française abrite déjà une institution européenne l'ESMA, tout comme Francfort héberge le siège de l'EIOPA. Ce qui, selon certains membres de la communauté financière parisienne, ne devrait pas jouer en faveur des deux villes. La Commission pourrait choisir de privilégier des villes de l'Est qui ne possèdent pas encore d'instance européenne, afin d'équilibrer la répartition géographique des institutions. Varsovie ou Prague pourrait dans ce cas être choisi. La réponse sera connue fin novembre donc, et il y a fort à parier que la compétition sera grande dans les prochaines semaines.
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