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Soros se méfie toujours de l'immobilier espagnol

Le milliardaire américain renonce à prendre 25% du groupe de construction espagnol FCC. Et ce, alors que le pays attire beaucoup de capitaux sur son secteur immobilier ces derniers mois. L'investisseur a mandaté le gérant vedette Bill Gross pour placer 500 millions de dollars.
George Soros
George Soros

Si les fonds d’investissement américains multiplient les prises de participation au sein d’entreprises immobilières espagnoles ou de portefeuilles d’actifs immobiliers ibériques depuis un peu plus d’un an (Bill Gates, en personne, vient d’y investir plusieurs millions de dollars), le milliardaire Georges Soros ne se laisse pas impressionner par les effets de mode. En négociations exclusives avec les actionnaires majoritaires de FCC pour en prendre 25%, il indique ce matin avoir rompu ces discussions. Le groupe espagnol est en fait un conglomérat regroupant deux grandes activités : la construction et les services urbains (traitement de l’eau et des déchets). Il a particulièrement souffert de la récente crise financière du fait d’un très lourd endettement. L’Espagne a, en outre, été plus particulièrement touchée par une crise immobilière née d’une pléthore de constructions non finalisées faute de financements et d’immeubles fantômes restés entièrement vides. Et les entreprises phares d’hier se sont retrouvées dans d’inextricables situations. C’est ce qui est arrivé à FCC qui se bat depuis plusieurs années pour retrouver un peu d’oxygène. L’arrivée de Georges Soros, susceptible d’injecter 500 millions d’euros sur le milliard qu’envisage de lever le groupe via une augmentation de capital, aurait ainsi été pain béni. Mais FCC ne perd pas tout espoir puisqu’il indique être maintenant en négociation avec un autre milliardaire mais mexicain, cette fois, Carlos Slim, pour obtenir le même niveau de cash.

Georges Soros détient à ce jour un peu moins de 4% de FCC et n’a donc pas envie d’aller plus loin. Même si l’Espagne retrouve indéniablement quelques couleurs ces derniers mois, elle n’est pas pour autant sortie d’affaires et le secteur de l’immobilier comme de la construction mettra très longtemps avant de se redresser réellement. Contrairement à la France, où financiers et professionnels ont beaucoup moins joué sur l’effet de levier et n’ont jamais construit à blanc. Et de fait, l’endettement net de FCC, même après restructuration, atteint encore 6,5 milliards d’euros. Carlos Slim se montrera-t-il moins regardant ? Au-delà de la situation bilancielle de FCC, nombre d’investisseurs jouent actuellement une idée : celle de la reprise de l’Espagne. Et dans ce cas de figure, le premier secteur susceptible d’en profiter est bien logiquement celui par qui le pays a mis un genou à terre, à savoir l’immobilier. Reste que l’Europe ne figure pas parmi les zones les plus dynamiques du moment, loin s’en faut, et les investisseurs américains en ont bien conscience. Vu les derniers revirements des instances fiscales vis-à-vis des investissements américains hors du pays, d’autres projets devraient d’ailleurs capoter ces prochaines semaines.

Georges Soros n’est, de toute façon, pas en mal d’idées de placements. Il vient notamment de donner un mandat de 500 millions de dollars à Bill Gross, le gérant vedette américain récemment parti de chez Pimco pour atterrir chez Janus Capital.Un signal fort à destination de ce professionnel très suivi par l'ensemble des gérants locaux et dont le départ précipité de chez Pimco a déjà valu à ce dernier une décollecte record.

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