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Recherche financière : les opportunités de business créées par MIF 2

Alors que le texte n’entrera en vigueur qu’en 2018 et que Bruxelles doit encore adopter des actes délégués, certains commencent à se positionner sur le segment. C’est le cas de ResearchPool qui souhaite profiter du changement de business model auquel devraient être confrontés les courtiers et les BFI.
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La semaine dernière, la Commission européenne a fait savoir que la mise en place de la réforme des marchés d’instruments financiers, MIF 2, serait retardée d’un an. Le texte n'entrera ainsi en vigueur qu’à compter de janvier 2018 et Bruxelles doit encore adopter des actes délégués concernant le sujet épineux de la recherche financière. Ce qui pourrait être fait le mois prochain. Si ces précisions réglementaires peuvent encore faire bouger les lignes, il semble quasi certain que les grands principes prévus dans MIF 2 seront conservés. C’est pour cela que les intéressés commencent déjà à se mettre en ordre de bataille pour répondre aux futures normes et que certains acteurs du marché se positionnent afin de saisir les opportunités qui vont naître de ces changements de réglementation.

MIF 2 souhaite rendre la recherche transparente, notamment en permettant d’avoir une bonne idée de son prix et de ce qu’elle coûte aux clients. A cette réforme vient s’ajouter une plus récente, encore en chantier : l’union des marchés de capitaux. Ce package a pour but de faciliter le financement des entreprises, et en particulier celui des PME. A noter que ces dernières représentent 78% des sociétés cotées et 3,5% des transactions, selon MiddleNEXT et que 40% des PME européennes ne disposent d’aucune analyse financière. Or le manque d’analyse pèse sur la visibilité de ce segment et donc sur les investissements qui y sont faits.

Pour le moment, la recherche financière est majoritairement distribuée par les banques de financement et d’investissement et les courtiers à leurs clients. Cette dernière peut notamment être facturée via les commissions de courtage, qui incluent la transaction, la recherche et le corporate access (accès au management de la société, par exemple via des réunions organisées avec les dirigeants). Un modèle qui ne permet pas d’avoir une évaluation claire du coût de la recherche. MIF 2 prévoit donc de distinguer les coûts d’exécution des ordres de la fourniture de recherche. Le texte demande également à ce que les sociétés de gestion établissent un budget ex-ante de recherche, qui se traduira par une enveloppe dédiée, intitulée Research Payment Account (RPA). Ce qui va obliger les BFI et les courtiers à mieux valoriser leurs notes pour rester dans la course de ce marché juteux.

En effet, d'après les chiffres cités ce matin par ResearchPool, un nouvel acteur qui entend profiter de cette évolution réglementaire, ce marché pèserait 4 milliards d’euros en Europe. A titre d’exemple, un rapport d’initiation de couverture (soit environ 20 pages) coûterait environ 600 euros, quand un rapport classique vaudrait entre 50 à 300 euros. En outre, l’Europe compte près de 250 fournisseurs de recherches pour très peu de documents réellement consultés par les clients. C’est pourquoi, ResearchPool, plateforme digitale de distribution de recherches financières, souhaite mettre le numérique au service de l’utilisation de ces recherches.

La firme propose ainsi depuis six mois des abonnements à des réseaux de distribution ou des consultations de recherche à la pièce et se rémunère à hauteur de 15% sur ces modes de distribution. « Les investisseurs vont avoir la possibilité d’accéder directement aux analyses les plus utiles dans leurs décisions d’investissement, et les producteurs quant à eux, vont pouvoir distribuer globalement leurs recherches à tous types d’utilisateurs », explique Pedro Fernandes, co-fondateur et Directeur de ResearchPool. Si la plateforme estime que les dépenses de recherches devraient être proportionnellement revues à la baisse une fois qu’elles seront découplées, il considère également que la recherche spécialisée pourrait tirer son épingle du jeu, à la faveur notamment des plus petites capitalisations.

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