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L'heure est au désendettement pour les grandes entreprises françaises

Entre désendettement et développement, les fleurons de la cote française comme Vivendi, Pernod ou Kering, choisissent largement la première solution. Ils ont tous en ligne de mire leur notation.
Le marché des fusions-acquisitions semble reprendre du poil de la bête depuis le printemps dernier. Donnant très certainement des idées à certains qui attendaient des jours meilleurs avant de revenir faire des emplettes. Si l'on en croit pourtant les responsables de grands groupes français, l'heure est davantage au désendettement qu'à l'investissement. C'est en tout cas le message qu'ont clairement fait passer Philippe Capron, directeur financier de Vivendi, Julien Onillon, directeur financier d'Aperam, Jean-Marc Duplaix, directeur financier chez Kering, mais aussi dans une moindre mesure Gilles Bogaert, directeur général adjoint en charge des finances chez Pernod Ricard. Ces dirigeants intervenaient vendredi matin dans le cadre d'une conférence "CFO 2013" à destination des directeurs financiers et organisée par Premier Cercle sur le thème : quel équilibre entre désendettement et développement. Vivendi, est, de fait, en pleine réflexion sur la recomposition de ses différents actifs. Le groupe a récemment précisé qu'il comptait scinder ses activités médias et télécoms. Pour mener à bien ce projet, les dirigeants devront également répartir "équitablement" la dette du conglomérat, qui totalise actuellement 18 milliards d'euros. Pour réduire cette masse, plusieurs opérations de cessions sont sur le point d'aboutir (Activision, Maroc Telecom). Cette démarche est effectivement primordiale pour laisser à l'une comme à l'autre entité la capacité de se développer, dans un contexte concurrentiel particulièrement agressif. Aperam, le spin-off d'Arcelor Mittal, se focalise lui aussi sur son désendettement, dans un contexte de très faible croissance sur le marché de l'acier. Classé comme non investment grade, il est effectivement limité dans ses velléités d'investissement, toute émission étant obligatoirement fortement rémunérée. Ce qui n'empêche pas l'entreprise d'être sur le point de racheter une grosse usine de production d'acier en Italie, que le finlandais Outokumpu est contraint de vendre pour des questions de concurrence. Une chose est sûre, cependant: la situation tendue d'Aperam l'oblige à multiplier les sources de financement pour contourner les réticences de ses banquiers. Chez Kering (ex-PPR), la tendance est tout autant au désendettement, après avoir réalisé d'importantes acquisitions dans le luxe ces dernières années (Gucci, Puma). En face, les désengagements sont compliqués et lents, alors que les entreprises susceptibles d'être intéressées sont très regardantes sur le prix et que le marché du private equity a du mal à reprendre du poil de la bête. Notée investment grade, Kering ne se prive pas depuis plusieurs années de multiplier les opérations de désintermédiation (70% de ses financements sont aujourd'hui obligataires). Quant à Pernod Ricard, après d'importantes acquisitions structurantes ces dix dernières années, le groupe de spiritueux veut à tout prix rester investment grade. Pour cela, il privilégie la réduction de sa dette (de 9 milliards d'euros). Là encore, les émissions obligataires sont largement majoritaires. Il a aujourd'hui une certaine marge de manoeuvre pour réaliser des acquisitions, mais celles-ci doivent rester de taille modeste.
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