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Sur les marchés

Chine : vers une nouvelle bulle boursière ?

Les places financières chinoises ne cessent de croître et semblent complètement déconnectées du ralentissement de l’économie locale. Les vieux démons de la crise boursière chinoise de 2007 resurgissent pour certains tandis que pour d’autres il n’y a pas encore assez de raisons pour s’inquiéter.
Grande muraille de Chine
Grande muraille de Chine

Les places financières chinoises ne cessent d’afficher des performances brillantissimes contrastant avec la croissance de l’économie locale tombée en dessous des 7% au premier trimestre 2015, la plus faible statistique depuis 6 ans. Les marchés ont plus que doublé en seulement un an : l'indice composite shanghaïen a encore engrangé 30,81 points aujourd’hui à 4.941,71 points - son plus haut niveau depuis janvier 2008 - et l'indice composite de la Bourse de Shenzhen a gagné 33,36 points à 2.918,02 points après avoir affiché une hausse de 3,8% mardi (il affiche même +180% sur un an): « Après avoir souffert pendant la crise financière mondiale, le marché des actions chinoises est en train de se redresser rapidement. Si l'on additionnait les capitalisations boursières des entreprises cotées aux Bourses de Hong Kong, Shanghai et Shenzhen, la Chine représenterait le deuxième marché d’actions du monde », explique Christina Chung, directrice de la gestion des actions chinoises chez AllianzGI. La baisse des prix sur le marché immobilier chinois pousse également les investisseurs vers une autre classe d’actifs.

Les marchés chinois sont surtout portés depuis plusieurs mois par un afflux massif de liquidités, la banque populaire de Chine ayant baissé son taux d'intérêt pour la deuxième fois de l'année au début du mois de mai, il s’agit ainsi du troisième repli de ce taux et du deuxième reflux du taux de réserve obligatoire en l'espace de 6 mois : "Le marché est stimulé par un afflux continu de fonds en provenance tant des investisseurs privés qu’institutionnels. Le marché chinois est très haussier en ce moment et il est difficile de dire où se trouve le sommet", a commenté à l'AFP Zhang Qun, analyste de Citic Securities. Shan Fulin, le président de la commission de régulation bancaire de Chine a également averti que le montant des créances douteuses des banques est en nette augmentation, tandis que la finance immobilière, la dette des régions et les formes de dette non conventionnelles représentent un risque croissant. Le montant des créances douteuses atteint déjà au premier trimestre 56% du total de l'an passé.

L’Empire du Milieu a déjà connu une bulle boursière il y a peu de temps, en 2006, suivie par un crash en 2007. Des ressemblances existent mais il y a une grande différence. La dernière fois, les investisseurs n’étaient pas en mesure d'acheter des actions à crédit, alors que maintenant les règles ont été modifiées pour permettre le financement de marge, et les investisseurs en profitent, plus de 5 trillions de yuans ont été empruntés par les investisseurs chinois pour acheter des actions selon Crédit Suisse. Si l’économie réelle de son côté ne s’améliore pas, le danger d’un retournement de situation est bien présent : « Nous sommes clairement entrés dans le territoire d’une bulle et une rediffusion de ce qui est arrivé en 2007, où l'indice de Shanghai a plus que doublé , voire triplé , puis est descendu tout aussi brusquement l' année suivante est envisageable », a commenté Patrick Chovanec, directeur et chef stratégiste chez Silvercrest Asset Management.

BNP Paribas de son côté, joue l’apaisement, trouvant exagéré pour le moment de parler de bulle : « Les autorités chinoises n’autorisent pas l’expansion des opérations de marges sans contrôle, elles ont déjà resserré les règles deux fois en cinq mois », affaire à suivre...

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