Dividendes 2016 : pourquoi les entreprises ont tout intérêt à se montrer généreuses
Que nous apprennent les dernières statistiques concernant les distributions de dividendes du CAC 40 en 2016 ? Plusieurs messages intéressants qui en disent long sur l'état actuel des affaires. Selon les données compilées dans la lettre de Vernimmen, le volume total des coupons distribués et des rachats d'actions ont totalisé 55,7 milliards d'euros contre 56 milliards un an plus tôt, mais à comparer à un niveau d'environ 43 milliards d'euros depuis 2010. Soit une très nette progression alors que durant la même période, les bénéfices n'ont pas connu le même rythme de croissance, loin s'en faut.
Ce qui tend à démontrer que les niveaux de pay-out ont largement crû. Et de fait : ils atteignent 57% contre une moyenne historique comprise entre 40 et 45%. De quoi ravir les actionnaires qui ont donc bénéficié, l'an dernier d'une double gratification : la hausse de leurs actions en Bourse (sur l'année, la hausse du CAC 40 a atteint 4,86% avec un rallye notable les deux derniers mois) et une hausse sensible des distributions de coupons et autres rachats d'actions. Pourquoi une telle largesse ? D'abord parce que les entreprises se portent mieux, qu'elles ont réussi à améliorer leur situation bilantielle grâce à d'excellentes conditions de refinancement de leur dette. Face à la montée en puissance des risques d'activisme (50% du CAC 40 est détenu par des intérêts étrangers), les dirigeants de ces mastodontes veulent aussi se montrer suffisamment généreux pour ne pas à devoir subir leur ire. De même, les actionnaires se montrent-ils plus fidèles lorsque les entreprises font de beaux efforts en matière de distribution. Et ce, dans un schéma gagnant-gagnant.
Enfin, compte tenu des conditions actuelles de taux, les sociétés ont plus intérêt à distribuer des coupons que de garder une trésorerie qui ne rapporte plus rien, quand elle n'est pas coûteuse. Sauf, bien évidemment dans l'optique d'une opération de croissance externe identifiée en amont. Ce niveau de distribution accentue, de fait, le niveau du CAC 40 dividendes réinvestis, celui-ci affichant mécaniquement un seuil bien supérieur aux 4.900 points du moment. A voir maintenant, avec le relèvement prévu des taux d'intérêt outre Atlantique mais aussi en Europe, si les mastodontes du CAC 40 vont se montrer aussi généreux cette année. Tout dépendra avant tout, de la santé économique de ces acteurs majeurs, de leur développement à l'international et de la maîtrise du financement de leur expansion.
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