Le sans-faute de Lactalis
Le groupe familial a réussi à prendre le contrôle du champion italien Parmalat et à devenir le numéro deux mondial, malgré le patriotisme local et pour un prix raisonnable.
A coeur vaillant rien d'impossible. Ayant pris dès le départ, en mars, les bonnes décisions en rachetant les 15% du capital appartenant à des fonds et en ramassant sur le marché 14% pour se situer juste en dessous du seuil de lancement d'une OPA, Lactalis a pris le contrôle de Parmalat en trois mois.
En lançant une OPA fin avril à 2,60 euros par action, valorisant Parmalat à 4,5 milliards d'euros, Lactalis a étouffé dans l'oeuf les velléités de contre-offensive italiennes qui n'avaient pas les moyens de leurs ambitions nationalistes. Les marchés en ont pris acte rapidement puisque pendant les deux mois écoulés depuis le lancement de l'OPA, le cours de Lactalis s'est toujours situé entre 2,59 et 2,60 euros, prouvant qu'ils n'attendaient aucune surenchère.
Le prix correspondait à une prime raisonnable de 12% sur le dernier cours et de 21% sur la moyenne des douze mois précédents. En votant hier pour les neuf candidats de Lactalis sur onze postes au conseil d'administration de Parmalat, l'assemblée générale a entériné la victoire du français avant même la fin de l'OPA programmée pour le 8 juillet prochain.
Quel que soit le pourcentage final qu'il détiendra dans Parmalat, Lactalis est donc d'ores et déjà devenu le numéro deux mondial des produits laitiers derrière Nestlé et devant Danone.
Le groupe dirigé par Emmanuel Besnier va augmenter son chiffre d'affaires de 40% soit 4,4 milliards d'euros répartis entre le Canada (35%), l'Italie (23%), l'Australie (18%), l'Amérique latine (10%) et l'Afrique du sud (10%).
Parmalat le renforce considérablement dans le lait où il réalise 61% de son chiffre d'affaires mais aussi dans les produits frais (yaourts, fromages, desserts) qui représentent 30% des ventes et dans les jus de fruit (6%). Lactalis envisage en outre de lui apporter son activité dans le lait de consommation en France et en Espagne.
En payant Parmalat une fois son chiffre d'affaires et 11,6 fois l'ebitda 2011, Lactalis s'offre une croissance raisonnable sachant qu'il a fallu mener une bataille boursière, que l'italien a une belle marge d'amélioration de sa rentabilité et que Danone se paye aujourd'hui 1,7 fois ses ventes et 9,6 fois son ebitda.
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