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Sur les marchés
L'innovation, le grand rendez-vous Français ?
Cocorico ? Le dernier baromètre du cabinet EY laisse augurer un certain optimisme avec un rebond de l’investissement étranger dans l’Hexagone de 18%, plaçant la France en 3ème position européenne avec 608 projets et 1ère destination européenne pour les implantations industrielles en 2014, soit 65 de plus que l’année précédente. Cependant, l’analyse montre également une faible création d’emplois induite par ces investissements : -11% par rapport à 2013. La taille moyenne des projets témoigne d’une grande prudence des entreprises et chute par rapport à 2013 : en moyenne, une implantation internationale en France "produit" 21 emplois contre 27 l’année précédente, un phénomène décrit par Marc Lhermitte, partenaire d'EY : "On a un vrai effet ciseau qui se traduit dans le fait que les projets portés par les investisseurs internationaux augmentent, mais ne créent pas beaucoup d'emplois. Par exemple, les projets industriels sont à 80% des extensions et seulement à 20% des nouvelles implantations". Plus en détails, 188 extensions ont été enregistrées contre 43 créations et les fermetures, au nombre de 49, annulent les créations.
Même si 68% des investisseurs étrangers interrogés par EY se déclarent "satisfaits" du site France, dotée d’une grande variété de secteurs et de compétences répartis sur l’ensemble du territoire, 44% considèrent que l’attractivité du pays reste pénalisée par le coût et la flexibilité du travail et 40% voudraient un assouplissement de l’environnement administratif et juridique des entreprises comme le souligne René Ricol, Président fondateur de Ricol Lasteyrie et membre du réseau EY : "Premier défi, simplifier ! La France doit sortir une bonne fois pour toutes de la complexité administrative, fiscale ou sociale, qui la caractérise. Un industriel qui investit en France se place dans une stratégie à dix ans, il ne peut tolérer des changements de réglementation tous les deux ans. Une baisse des charges sociales pour toutes les entreprises aurait été bien préférable au Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi". Un problème également souligné par Jean-Pierre Lieb Associé, EY Société d’Avocats : "En France, 44 nouvelles taxes ont été créées entre 2010 et 2014, contre 2 en Allemagne. Cette inflation normative et le nombre de prélèvements obligatoires qui en résulte, sources de complexité et d’imprévisibilité, sont autant d’éléments qui pénalisent la France".
En dépit de résultats en demi-teinte sur le front de l’emploi, un point positif se dégage du côté de la France selon Guy Maugis, Président de Bosch en France, sa capacité à s’adapter à l’évolution numérique : "La France a d’importants atouts qui lui permettront de répondre aux besoins de l’industrie 4.0 et de l’Internet des objets, à commencer par ses nombreux ingénieurs – qui font défaut à l’Allemagneé. Un avis partagé par Nick Leeder, Directeur Général de Google en France : éJe ne suis pas étonné de lire les déclarations récentes de John Chambers, le dirigeant de Cisco, qui qualifiait la France de “Next Big Thing” du numérique. L’Hexagone est un pays d’innovation et d’excellence qui ne manque pas de talents, d’ingéniosité et de créativité. Les ingénieurs français, par exemple, sont parmi les plus recherchés dans le monde entier".
Un axe de travail important car si la France faisait pleinement le pari de l’innovation, elle pourrait s’engager sur la voie des grandes transitions énergétiques, numériques ou scientifiques qui porteront les emplois de demain selon l’étude.
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