Veolia lorgne le green business espagnol
En nommant comme administratrice Esther Koplowitz, héritière de l'espagnol FCC qu'il connait bien, le groupe montre son intérêt pour le marché espagnol de l'environnement.
Deux larrons d'hier peuvent retrouver, quelques années plus tard, des motifs d'amitié, voire d'alliance. C'est en tout cas l'idée que doit avoir derrière la tête Henri Proglio alors qu'il vient de nommer à son Board Esther Koplowitz, une des deux héritières du groupe de construction et de services espagnol FCC. Car l'histoire des relations entre les soeurs Koplowitz et l'ex-Vivendi Environnement, est jalonnée par une véritable saga familiale. Les deux belles orphelines, qui ont hérité d'un groupe de construction en pleine croissance et ont défrayé la presse people avec leurs frasques conjugales, ont néanmoins réussi à le transformer en un leader mondial des infrastructures, du ciment, et - surtout - des services à l'environnement.
L'arrivée de Vivendi Environnement dans cette novela espagnole remonte à 1998, date à laquelle Alicia Koplowitz décide de vendre ses parts dans le groupe familial (49 % du holding détenant 52 % de FCC). Pour échapper à une offre hostile d'un concurrent, Esther rachète la participation pour 820 millions d'euros, mais pour se désendetter, la revend à Vivendi Environnement un an plus tard. Ce dernier est minoritaire mais obtient l'assurance que le groupe se développera dans l'environnement. Mais en 2002, Vivendi Universal souhaite se désengager de sa filiale et aux termes du pacte conclu, Esther Koplowitz peut racheter la participation de VE dans FCC aux côtés d'investisseurs dont la famille Peugeot, pour 920 millions d'euros. Une belle sortie pour le nouveau Veolia, qui empoche une plus-value de presque 300 millions.
Emballé par ces bons souvenirs et attiré par ce leader dans la gestion des déchets et le traitement de l'eau, le groupe dirigé par Antoine Frérot aimerait maintenant renouer des liens avec FCC. D'autant que Suez Environnement a déjà largement pris pied dans la péninsule ibérique, car il vient de reprendre le contrôle du numéro un espagnol de l'eau Agbar. Veolia pourrait de son côté tirer parti de ses liens anciens et actuels avec FCC - les deux groupes ont une filiale commune, Proactiva - et de sa proximité avec Esther Koplowitz, pour reprendre des intérêts en Espagne. Cette indomptable, qui avait coupé l'herbe sous le pied aux prétendants Suez et Acciona lors de la vente des parts de sa soeur, pourrait se laisser amadouer par les charmes d'un ami.
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