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Presse allemande : "l'Europe est en flammes"

Dans une tribune, l'ancien ministre des affaires étrangères vert Joschka Fischer s'en prend de façon virulente à la politique de la chancelière. Il l'accuse de verser du kérosène sur les flammes.
Davantage de contrôle à l'égard des banques ? C'est la nouvelle stratégie défendue notamment par Angela Merkel et reprise ce mardi par la presse allemande. "Le nouveau mot magique du sauvetage de l'euro c'est 'union bancaire', explique ainsi le Spiegel. La chancelière Merkel et le président de la Commission européenne Barroso ont discuté de plans pour soumettre les grandes banques à une surveillance plus stricte. Les banques pourraient en échange recevoir de l'injection de capitaux plus rapidement". "Le gouvernement veut amener les marchés financiers à la caisse" explique par ailleurs le Handelsblatt. "En échange de leur approbation du pacte budgétaire, l'opposition réclame une taxe sur les transactions financières. La coalition du gouvernement ne veut pas s'engager là-dessus. Toutefois, elle a apparemment un plan pour une taxe sur les marchés financiers". "L'Europe est en flammes", prévient l'ancien ministre des affaires étrangères allemand Joschka Fischer (Die Grünen), dans une tribune acerbe publiée dans la Süddeutsche Zeitung où il estime que l'Allemagne tente d'éteindre le feu avec du kérosène. Il explique : "L'Allemagne est seule et isolée. Malgré toutes les expériences historiques, la chancelière Merkel maintient dogmatiquement sa politique de rigueur, qui a mené l'Europe à l'abîme. Si l'Euro, et avec lui le deuxième plus grand espace économique du monde implose, cela va provoquer une crise, comme les générations actuelles n'ont encore jamais vécue". Si pour lui, l'austérité soutenue par Angela Merkel renforce la crise, Joschka Fischer estime aussi que "l'Allemagne et la France ont la décision sur l'avenir de notre continent entre leurs mains. L'Allemagne va devoir se faire violence économiquement et financièrement, la France politiquement, pour sauver l'Europe. La France va devoir dire oui à l'union politique, c'est à dire un gouvernement commun avec un contrôle parlementaire commun dans l'euro-groupe." L'ancien ministre poursuit : "l'Allemagne doit se décider pour une union budgétaire, c'est à dire qu'elle va finalement devoir garantir la survie financière de la zone euro avec sa puissance économique et ses biens : achat illimité d'obligations d'état des pays en crise via la BCE, européanisation des dettes nationales via les eurobonds, programme de croissance pour éviter une dépression dans la zone euro et générer de la croissance." Rappelant l'histoire de l'Allemagne et de l'Europe, Joschka Fischer conclut : "ce serait une tragédie et une ironie en même temps, que, maintenant, au début du 21ème siècle, l'Allemagne réunie réduise à néant l'ordre européen une troisième fois, cette fois pacifiquement et avec les meilleures intentions."
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