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Droit de vote double, le fonds norvégien dit non !

Le fonds norvégien s’est opposé au droit de vote double lors des AG de Renault et Vivendi. Il pourrait désormais privilégier les entreprises françaises qui ont validé les droits de vote simple, pour respecter ses propres critères d’investisseur responsable.
Norges Bank fonds norvégien
Norges Bank fonds norvégien

Le fonds norvégien a publié vendredi son rapport pour le premier trimestre 2015 et une fois encore les résultats sont plutôt bons, malgré la chute des prix du pétrole. Le GPF (Governement Pension Fund) a ainsi affiché un rendement de 5,3% sur les trois premiers mois de l’année, principalement soutenu par les résultats de la partie actions, qui a performé à hauteur de 7,5%.

En tant qu’investisseur de long terme, le fonds norvégien, qui gère donc désormais plus de 829 milliards d’euros, n’a pas manqué de mentionner dans son document trimestriel l’épineux sujet des droits de vote double instauré par la loi Florange. « En France, nous sommes impliqués avec de nombreuses sociétés sur le sujet des droits de vote double. Toutes les entreprises ont donné aux actionnaires le droit de se prononcer sur le sujet lors des AG du second trimestre de cette année », explique le document.

Interrogé par WanSquare, un responsable du fonds a déclaré que le GPF avait entamé un dialogue avec la plupart des sociétés françaises dans lesquelles il était actionnaire, afin de faire entendre sa voix. Car sur ce sujet, le fonds est très clair : « les entreprises devront appliquer le principe de 'une action un vote' de façon à ce que le droit de vote des actionnaires et les paiements des dividendes reflètent réellement la taille de leur participation », explique le site sur la page qui concerne les critères d’investissement du fonds.

Le fonds, qui dévoile désormais ses positions de vote après chacune des AG, a effectivement validé les amendements qui proposaient de ne pas mettre en place le droit de vote double, lors des assemblées de Renault, Vinci et Vivendi, dont il possédait respectivement 4,11%, 1,86% et 1,68% au 31 décembre 2014. Si ces amendements ont été rejetés pour Renault et Vivendi, qui ont donc désormais validé le principe du droit de vote double, les actionnaires de Vinci ont en revanche voté pour le maintien des droits de vote simple. « Nous nous sommes prononcés lors des AG en adéquation avec nos principes de gouvernance », explique encore un membre du fonds.

Reste à savoir ce que le fonds décidera vis-à-vis  des sociétés qui ont mis ou mettront en place le système des droits de vote double. Rappelons que le GPF est exposé à la France à hauteur de 5,8% et possède des participations dans 221 sociétés de l’Hexagone. Sanofi reste sa première participation française dont il possède 2,18% soit 2,69 milliards d’euros de titres selon le rapport du premier trimestre. S’il décide de se retirer des sociétés qui ne respectent plus ses critères d’investisseur 'une action un vote', cela pourrait sensiblement modifier la composition de son portefeuille français. Le fonds possède notamment plus de 4% de Renault…

Selon PhiTrust, le sujet devrait gêner de nombreux autres investisseurs de long terme qui ont pour la plupart adopté l'idée 'd'une action un vote'. Le fonds norvégien ne sera donc sans doute pas le seul à se poser la question, PhiTrust citant par exemple PGGM aux Pays-Bas ou encore Calpers aux USA ou Railpen en Grande-Bretagne. "Ces investisseurs, qui sont les vrais actionnaires de long terme, demandent à leurs gérants d'actifs de respecter ces critères dans leurs investissements, ce qui va inévitablement amener certains à privilégier des investissements dans des entreprises qui respectent le principe 'une action, une voix'", explique ainsi Olivier de Guerre, président de PhiTrust.


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