Banques / Banque-assurance
Banques
Banque-assurance
Stress tests : à quoi les banques italiennes et espagnoles ont-elles joué ?
La photo prise, les banques du Sud de l’Europe reprennent
leurs bonnes vieilles habitudes. Les efforts faits par les établissements
italiens et espagnols pour améliorer leurs bilans à la fin de l’année dernière ont été en partie superficiels. Par exemple, les groupes espagnols se sont délestés
massivement de leurs obligations souveraines en décembre dernier, pour en
racheter en janvier d’un montant quasi équivalent. Or, pour les stress tests -qui
ont pour but de restaurer la confiance des investisseurs- les bilans ont été
arrêtés au 31 décembre 2013 (cf article WanSquare sur les modalités des tests). De quoi porter un coup à la raison d'être de cet exercice, qui fait partie des examens auxquels sont soumises cette année les banques, avant même que les modalités en soient clairement définies.
En tout, les banques espagnoles ont vendu en décembre pour 22 milliards d’euros d’obligations d’Etat, profitant de l’appétit
des investisseurs étrangers pour les titres européens. Ce qui avait alors porté leur détention d’obligations souveraines à son plus bas niveau depuis les sept
dernières années, selon des données publiées la semaine dernière par la Banque
centrale européenne. Pour rappel, la BCE a indiqué que les souverains seraient testés au même titre que le reste des portefeuilles, mais les régulateurs n’ont
pas encore indiqué quels seraient les critères d’évaluation.
Toutefois en janvier, les groupes espagnols ont acheté pour 23
milliards d’euros d’obligations d’Etat. Cette ligne représente ainsi 9% de leurs
actifs bancaires, soit "à un plus haut niveau que celui supposé
pour les stress tests", écrit Moody’s dans son Credit Outlook. L’agence
de notation craint que ces ajustements de bilans n'ébranlent la confiance dans ces
tests de résistance.
De la même manière, les banques italiennes ont joué sur la
composition de leurs portefeuilles. Elles ont accru leurs encours de prêts aux
sociétés non financières de 24 milliards d’euros en janvier, et ce après
plusieurs mois consécutifs de déclin. En début d’année, les prêts bancaires
aux entreprises non financières représentaient ainsi près de 20% des actifs
bancaires, contre 10% en France et 12% en Allemagne.
« Les stress tests européens seront ‘credit positive’ s’ils
sont crédibles pour les investisseurs et améliorent la confiance dans l’adéquation
des évaluations des actifs bancaires avec le capital », rappelle Moody’s. Et
d’ajouter : « Nous ne nous attendons pas à ce que les actions prises par
les banques espagnoles et italiennes sur leurs bilans aient un effet
significatif sur les résultats des stress tests en termes d’exigences de
capital, puisque les changements sur les bilans sont moindres ». Mais le
véritable problème de ces changements est qu’ils « compromettent la crédibilité »
des tests de résistance. Alors même que cette crédibilité sera la clef de voûte
de l’examen des bilans bancaires de la BCE et l’Autorité européenne bancaire
(EBA).
Pour ne rien arranger, ces mouvements de portefeuilles
montrent bien que les liens entre dette souveraine et bancaire sont loin d’être
coupés, malgré les multiples mesures prises pour les briser (règles de bail-in et renflouement interne, notamment).
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

