La mue de HP
Le numéro un mondial des PC va filialiser son activité phare pour se concentrer sur les logiciels où il se renforce avec une OPA de dix milliards de dollars sur Autonomy.
Il ne faut pas faire de sentiments en affaires. Leader mondial des ordinateurs portables avec une part de marché de 17,5% devant Dell et Lenovo, HP est prêt à tirer une croix sur cette activité pour se renforcer dans le software.
Pour spectaculaire qu'il soit, ce mouvement n'a rien d'étonnant. D'abord, d'un point de vue humain, le nouveau patron de HP, l'allemand Léo Apotheker qui a fait une grande partie de sa carrière chez SAP, est un pro des logiciels. Et son prédécesseur s'est de son côté recasé chez Oracle.
Ensuite du point de vue industriel, les PC affichent une rentabilité en berne, des ventes en recul et des perspectives sombres. Cette division qui représente 30% des ventes de HP ne dégage aujourd'hui qu'une rentabilité opérationnelle de 5,7% contre 19% pour les logiciels. Elle tire ainsi les performances du groupe vers le bas puisque la marge globale du champion yankee n'est que de 11,3%.
Cette scission - qui rappelle la vente par IBM de sa division PC au chinois Lenovo - serait toutefois un simple constat d'échec si elle ne s'accompagnait d'une offensive prometteuse.
HP annonce en effet parallèlement une OPA de 10,3 milliards de dollars sur l'éditeur de logiciels Autonomy, avec une prime de 64% sur le dernier cours de bourse qui a permis d'obtenir l'aval du conseil d'administration du britannique, une instance toujours très sourcilleuse outre-Manche sur la rémunération des actionnaires.
Malgré ce prix, HP fera une excellente opération si l'offre est couronnée de succès. Autonomy est en effet un des leaders des solutions pour organiser et exploiter les masses de données non structurées circulant sur internet comme les e-mails ou les photos et vidéos.
Un marché en plein essor et au grand potentiel de développement (les trois quarts des données circulant sur internet sont aujourd'hui non structurées) qui a déjà permis au britannique de conquérir des clients comme Coca Cola, Nestlé ou la SEC. Une perspective très différente de celle du marché des PC en repli de 19% en Europe et de 5% aux Etats-Unis.
En quittant le lourd pour le soft, HP fait la démarche inverse de Google avec Motorola en début de semaine. Mais c'est parce qu'il a amassé une fortune avec les moteurs de recherche que la star de Wall Street peut s'intéresser à bon compte aux fabricants de matériel à la peine.
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17/09/2021 - 10:31

