EADS : les titres Dassault Aviation à nouveau en question
Le fonds activiste TCI revient à la charge et réclame une distribution des titres de l'avionneur aux actionnaires d'EADS. Ce dernier et l'Etat ont pourtant déjà signé un pacte d'actionnaires cet été.
C'est un peu la raison d'être de ce type d'investisseur : le fonds activiste TCI ne " lâche pas le morceau" sur le dossier EADS. Après avoir déjà défrayé la chronique cet été en demandant haut et fort à la direction d'EADS de céder sa participation dans Dassault Aviation, le fonds réitère aujourd'hui cette requête. Dans un courrier adressé en début de semaine au patron du groupe aéronautique, Tom Enders, l'activiste précise toutefois sa pensée. Plutôt que de perdre du temps à organiser cette vente de 46% du capital de Dassault Aviation, cession qui pourrait en outre s'effectuer sur des niveaux de valorisation qui ne seraient pas forcément optimaux, il suggère que ces titres soient distribués aux actionnaires, proportionnellement à leur poids dans EADS (TCI possède environ 1% de la société à ce jour). Soit une perspective plutôt juteuse, cette part dans le groupe d'aviation militaire étant actuellement valorisée un peu plus de 4 milliards d'euros. "Cette participation constitue une mauvaise utilisation du capital d'EADS, n'apporte aucune synergie et ne possède aucune valeur stratégique", estiment les dirigeants de TCI.
Des arguments susceptibles d'influencer le numéro un d'EADS? Au-delà des répercussions stratégiques qu'impliquerait une telle décision, il ne faut pas oublier que depuis cet été, EADS et l'Etat français ont signé un pacte d'actionnaires donnant à ce dernier un droit de préemption en cas de cession de ses titres Dassault Aviation à un tiers. En acquérant un seul titre, l'Etat a ainsi franchi indirectement le seuil de 46% au sein du capital de l'avionneur. Une telle distribution ne serait donc pas sans trouver quelques obstacles.
Elle s'apparenterait à ce que vient de faire Kering avec la FNAC et ce qu'envisage éventuellement de faire Vivendi avec SFR dans l'optique d'une possible scission à venir. Ce principe est-il donc si intéressant ? Il permet, en tout cas, de récompenser des actionnaires fidèles lorsqu'une société est effectivement à la tête d'une participation devenue non stratégique. Procédé moins aléatoire qu'un rachat de titres, qui n'a pas toujours un effet positif sur le cours de Bourse à moyen terme. Reste à savoir ce qu'en pense Tom Enders. Il y a fort à parier, toutefois, que l'homme fort d'EADS ne se laisse pas impressionner par un investisseur activiste de fraîche date.
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