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Wendel surfe sur la bonne santé de ses participations

La société d'investissements affiche un ANR historique de 162 euros par action, accentuant encore un peu plus la décote du titre. Le groupe dirigé par Frédéric Lemoine annonce une nouvelle acquisition auprès de BASF, entend poursuivre ses emplettes en Afrique et se réorienter vers le non coté. La cession du solde de sa participation dans Saint-Gobain est inscrite dans le marbre d'ici à 5 ans.
Frédéric Lemoine
Frédéric Lemoine

2017 commence de manière tout aussi active que l’ensemble de l’exercice 2016 pour la société d’investissements Wendel : le groupe annonce ce matin l’acquisition de l’activité chimie pour le cuir de BASF, activité qui sera logée au sein de sa filiale Stahl spécialisée dans les traitements chimiques pour le cuir et les revêtements de haute performance pour les supports flexibles. L’opération prendra la forme d’un transfert d’actifs avec l’arrivée d’environ 200 salariés de BASF dont 110 basés en Asie. Elle sera financée pour partie en titres puisque le chimiste allemand obtiendra 16% du capital de Stahl, et une soulte de 150 millions d’euros en cash. L’ensemble des deux sociétés ont réalisé un chiffre d’affaires de 850 millions d’euros l’an passé. « Avec cette acquisition, on est tout-à-fait dans la stratégie que l’on s’est fixée d’accompagner industriellement nos participations », lance le patron du groupe Frédéric Lemoine.

Celui-ci annonçait également ce matin ses résultats annuels 2016. Ceux-ci ont profité d’un double impact : la bonne orientation des principales participations (le profit net des activités, part du groupe affiche une hausse de 25,9%) et la belle progression boursière des actifs cotés. Du coup, l’ANR par action s’est inscrit en forte hausse au 31 décembre à 154 euros et atteint même de nouveaux records au 10 mars, à 162 euros, soit un progrès de plus de 26% sur douze mois glissants. Accentuant ainsi la décote de l’action passée de 26% à la fin de l’année dernière à plus de 33% aujourd’hui. Et explique le plan de rachat d’actions entamé récemment mais arrêté ces derniers jours en raison des négociations avec BASF. « Nous ne voulions pas racheter nos titres en ayant des informations privilégiées par rapport au marché », précise Frédéric Lemoine qui ajoute que les rachats vont reprendre dès lundi prochain.

L’ensemble des participations de Wendel ont donc donné satisfaction. Ou du moins, presque toutes. Concernant Bureau Veritas, Frédéric Lemoine a qualifié de « décevante » l’année écoulée, non pas en raison du niveau de marge dégagé, excellent, mais de la croissance des activités. Raison pour laquelle la gouvernance de l’entreprise vient d’être remaniée, Wendel souhaitant accroître son poids dans les décisions. Du côté de Saint-Gobain, l’entreprise de matériaux de construction a enregistré un très bon millésime, se renforçant notamment sur les pays émergents et les produits à haute valeur ajoutée. Wendel en a profité pour alléger sa participation l’an passé, « et il est clair qu’à l’horizon 5 ans nous auront soldé notre portefeuille », lance Frédéric Lemoine. Mais pour l’heure la société d’investissement est ravie de profiter des résultats du groupe. Elle a notamment milité pour réduire le nombre d’administrateurs au sein du board, « de manière à mieux travailler ». Il sera ainsi réduit à 14 membres à l’issue de la prochaine AG avec le départ de Jean-Martin Folz, atteint par la limite d’âge, poste qui ne sera pas remplacé et le retrait de Bernard Gautier, membre du directoire de Wendel, soucieux de participer à l’effort de concentration du conseil. Du coup, la société d’investissement ne comptera plus que 2 représentants, présents aux trois comités.

Pour l’année en cours, Frédéric Lemoine entend continuer à « réorienter son portefeuille vers le non coté » tout en poursuivant son désendettement (la LTV est tombée à 21%). Après plusieurs incursions en Afrique et plus particulièrement l’Afrique du Sud avec l’acquisition du Sodexo local, Tsebo, mais aussi dans l’immobilier commercial aux côtés de la CFAO (deux centres commerciaux sont sur le point d’être ouverts à Douala et Abidjan), le groupe entend également accélérer aux Etats-Unis grâce à sa société de services de sécurité Allied Universal. Au total, 3 à 4 milliards d’euros de fonds propres seront investis d’ici à 2020 dont 500 millions à 1 milliard pourraient venir de partenaires financiers sélectionnés. L’objectif étant de constituer un portefeuille à 50% non coté. Toutes ces annonces ont manifestement été très appréciées par les investisseurs, l’action grimpant de près de 5% ce matin à 117,90 euros.

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