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Brexit : le parti travailliste veut rester dans le marché unique

Le leader du Labour a déclaré qu'il était prêt à rester dans le marché commun si l'UE acceptait de revoir certaines règles en matière d'immigration. De quoi déstabiliser le gouvernement conservateur qui entame aujourd'hui le troisième round de négociations avec Bruxelles.
Bruxelles - Commission européenne
Bruxelles - Commission européenne

Le gouvernement conservateur de Theresa May est dans une position politique de plus en plus délicate, alors que le secrétaire d'Etat au Brexit David Davis est justement aujourd'hui à Bruxelles pour le troisième round de négociations. Le chef du parti travailliste  Jeremy Corbyn a en effet annoncé ce week-end qu'il défendrait le maintien du Royaume-Uni au sein du marché unique et de l'union douanière, si l'UE acceptait certaines nouvelles règles en matière d'immigration. Le parti de l'opposition n'avait jusqu'à présent jamais adopté une position aussi tranchée sur le sujet du marché unique, déclarant seulement qu'il souhaitait que la Grande-Bretagne conserve les bénéfices liés à ce marché commun.

Le Labour a par ailleurs annoncé qu'il défendrait une période de transition de quatre ans après la date de sortie du Royaume-Uni, prévue en mars 2019. Ce qui signifierait pour les travaillistes que leur pays continuera d'accepter les règles européennes en matière de liberté de circulation et que la contribution au budget et la reconnaissance de l'autorité juridique de la CJUE (Cour de justice européenne) seraient prolongées de quatre ans, soit jusqu'en 2023 au moins.

Une position que les conservateurs les plus europhobes devraient naturellement rejeter. Mais qui devrait en revanche séduire les Tories partisans d'une sortie douce et les encourager à se rebeller lors des débats à Westminster, si le gouvernement adopte un ton trop dur quant aux modalités de sortie du pays. Plusieurs députés conservateurs cités par The Times ont d'ailleurs déclaré que la prise de position de Jeremy Corbyn allait donner plus de marge de manoeuvre aux plus conciliants des Tories et que les "Hard Brexiters" du Parlement et du gouvernement avaient du souci à se faire. Car si le gouvernement est désormais d'accord sur le fait de négocier cette fameuse période de transition, sa durée fait encore débat au sein des ministres britanniques. Le chancelier de l'échiquier Philip Hammond, plaide depuis des semaines pour une période de transition suffisamment longue pour permettre aux entreprises britanniques de s'adapter en douceur, alors que David Davis ou Boris Johnson sont beaucoup plus réticents à l'idée de prolonger trop longtemps le maintien du pays dans l'UE. Car les prochaines élections législatives auront lieu en juin 2022 et une partie des conservateurs craint que ne leur soit reproché par les électeurs de n'être pas encore sorti de l'UE à cette date là. 

En attendant, le secrétaire d'Etat David Davis devra prouver à Michel Barnier ce soir, lors de l'ouverture des négociations, que son pays a fait suffisamment de progrès sur les questions prioritaires définies par l'UE. Certes, le Royaume-Uni a effectivement publié un document sur le sort de la frontière nord irlandaise, que l'UE souhaitait régler avant d'aller plus loin dans les discussions. Mais aucun document officiel n'a en revanche été dévoilé concernant le règlement de la facture et le droit des citoyens européens résidant en Grande-Bretagne, deux autres sujets que Michel Barnier souhaitait conclure d'ici au 5ème round de négociations en octobre.

David Davis a pourtant l'intention de parvenir à boucler ces sujets à cette date, puisqu'un sommet européen aura lieu peu de temps après, en octobre, au cours duquel les chefs d'Etat devront se prononcer sur le Brexit : s'ils estiment que le Royaume-Uni a donné assez de détails sur les questions prioritaires, ils pourraient accepter d'entamer la phase deux des négociations, sur le marché unique. Or David Davis souhaite aborder ce sujet le plus rapidement possible. Mais selon les informations qui circulent à Bruxelles, il y a peu de chance pour que l'UE cède tant que le règlement de la facture ne sera pas tranché. Selon un document dévoilé par The Daily Telegraph, la France aurait d'ailleurs exigé que la Grande-Bretagne s'engage à payer 10 milliards par an lors de la période de transition, qui pourrait durer deux ou trois ans, selon le quotidien. Un sujet qui risque de fâcher les partisans britanniques d'une sortie le plus rapidement possible et à moindre frais...

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