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Régulation / Concurrence
Sur les marchés / Régulation
La Blockchain, cette amie qui vous veut du bien
L’être humain n’aime pas l’inconnu. La finance non plus. Raison pour laquelle l’essor de l’innovation de rupture du type Blockchain, ICO ou cryptomonnaies laisse perplexe bon nombre de parties prenantes, à commencer par les régulateurs mondiaux. Ces derniers ont pourtant pris le sujet à bras-le-corps et commencé à ériger certains principes de précaution passant par un encadrement de ces nouvelles pratiques.
Mais au-delà de ces craintes, légitimes tant le sujet évolue vite, certains acteurs ont déjà bien identifié les bienfaits que peut apporter cette révolution numérique. A commencer par l’AFG (Association française de la gestion) qui, sous la plume de Muriel Faure, dans la dernière Revue Banque, présidente de la mission innovation de cet organisme, décrit bien les bénéfices possibles. Elle prend pour exemple les règles de bonne conduite imposées à une société de gestion lorsqu’elle souhaite présenter à son client un fonds en adéquation avec ses connaissances du marché et son appétence au risque. « Les tableaux Excel ne son plus suffisants pour permettre aux distributeurs (sociétés de gestion, banques, assureurs…) de répondre à ces nouvelles obligations tout en contrôlant leurs coûts opérationnels. L’utilisation des technologies comme le Big Data et l’intelligence artificielle devient indispensable », indique ainsi Muriel Faure également membre du Collège de l’AMF depuis août dernier sur proposition du ministre de l’Economie.
Autre exemple pris par l’AFG, celui de la conférence organisée à son initiative en septembre dernier où 3 sociétés de gestion (Groupama AM, La Financière de l’Echiquier et OFI AM) ont fait part de leur projet d’utiliser la Blockchain afin d’améliorer leur connaissance clients. Elles ont alors rédigé un cahier des charges et sélectionné une Fintech, Setl, qui leur a bâti une plateforme sur-mesure. A travers celle-ci vont transiter les ordres de souscription/rachats de fonds en utilisant l’infrastructure Blockchain. « Après un premier tour de table en février 2018, 13 nouvelles sociétés de gestion rejoindront bientôt la plateforme pour la phase de déploiement et de production prévue au second semestre 2018 », ajoute Muriel Faure qui ne doute pas que ces nouvelles technologies permettront de s’affranchir de nombreux intermédiaires, notamment au niveau de la gestion du passif.
Côté encadrement, plusieurs idées ont déjà émergé à l’issue du groupe de travail lancé par l’AMF. Partant du principe qu’il n’est pas possible de lutter contre ce phénomène et qu’il est donc préférable de l’accompagner, l’Amafi, l’Association française des marchés financiers a notamment proposé d’instituer un label dans le cadre des émissions d’ICO en cryptomonnaies, de manière à estampiller comme bon élève, celui qui aura montré patte blanche aux régulateurs. « Ce n’est pas parce que cette industrie n’est pas susceptible de représenter aujourd’hui un risque systémique qu’il ne faut pas s’intéresser de près au sujet et prévenir les problèmes », lance Pierre de Lauzun, délégué général de l’association. Et ce, d’autant plus qu’une ICO peut être émise de n’importe quel pays dans le monde et que les risques de blanchiment d’argent sale sont loin d'être nuls.
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