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Merkel devrait être réélue dans un mois

A moins d'un tremblement de terre politique de dernière minute, la chancelière allemande devrait remporter les élections le 24 septembre, pour un quatrième mandat. Une bonne nouvelle pour l'axe franco-allemand défendu par Macron.
Merkel Macron
Merkel Macron

Après un début d'année européen marqué par des élections mouvementées en Hollande et en France et des marchés redoutant la victoire de l'extrême droite, le scrutin allemand du 24 septembre devrait être beaucoup plus calme pour les investisseurs. Selon les derniers sondages, la chancelière allemande devrait largement l'emporter, avec 38% d'intentions de vote, devant le SPD (crédité de 24% des voix), les libéraux du FDP et les Verts. "L'écart entre la CDU de Merkel et le SPD de Martin Schulz est tellement grand qu'il faudrait un miracle politique, la révélation d'un scandale majeur ou encore des sondages faussés pour que Merkel ne soit pas élue", explique ainsi Carsten Brzeski, analyste chez ING en Allemagne. Si Martin Schulz était encore au coude-à-coude avec Merkel au printemps, le soufflé est déjà retombé, le candidat du SPD ayant trop tardé à dévoiler le manifeste de son parti et la chancelière ayant depuis bénéficié de très bons résultats macro-économiques. 

Sur cet aspect, il est très difficile aux opposants de Merkel de critiquer le bilan de la chancelière, tant elle a su redresser le pays depuis son arrivée au pouvoir en 2005 . Malgré la crise de 2008, le pays est parvenu à maintenir la barre et afficher une croissance comprise entre 0,5% et 0,6% tous les trimestres, ces neuf dernières années, tandis que le chômage est passé de 7,6% en mars 2009 à 3,9% en avril dernier. 

Le principal point d'interrogation de ces élections portera sur le troisième parti que Merkel choisira pour gouverner : car de cette nouvelle coalition dépendra l'avenir de la politique européenne et notamment du projet défendu par Emmanuel Macron. Aucune alliance n'est courue d'avance puisque les Verts, les Libéraux du FDP et même le parti anti-européen AFD sont tous crédités de 10% d'intentions de vote environ. Si la chancelière a affirmé qu'elle ne gouvernerait pas avec le parti europhobe, aucune autre alliance n'est exclue. Or chacun des autres partis qui pourrait entrer dans la coalition a une vision différente du projet européen défendu par Merkel.

Ainsi la chancelière défend-elle la création d'un fonds monétaire européen pour lutter contre le chômage des jeunes sur le Vieux Continent, et l'harmonisation fiscale entre la France et l'Allemagne. Toute mutualisation de la dette est en revanche exclue. La chancelière est assez proche de ce que défendent Emmanuel Macron et Jean-Claude Juncker sur ces principaux aspects de son programme européen, le FDP a en revanche une vision totalement différente du sujet. Ce dernier souhaite renforcer le principe du "no bail out" pour lutter contre le financement européen de pays en crise, en réduisant la taille du Mécanisme Européen de Stabilité et en appliquant systématiquement des sanctions aux pays dépassant les 3% de déficit. Les Verts et le SPD ont en revanche un programme encore plus pro-européen que Merkel, et défendent un gouvernement et un budget européen, et une accélération des investissements.

L'avenir de l'UE et de l'axe franco-allemand dépendra donc en grande partie du choix de Merkel pour gouverner avec elle au sein de la coalition. La victoire de la chancelière est quasiment acquise, mais le résultat détaillé du scrutin sera essentiel pour anticiper l'évolution de l'UE ces quatre prochaines années. Si le FDP entre au gouvernement de Merkel, il est fort possible qu'aucun progrès ne soit réalisé pour renforcer l'Union européenne. Ce qui serait très dommageable, vu la montée de l'euroscepticisme et la remise en cause du projet européen actuel. 

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